mercredi 21 juillet 2010

"Story of a dead pirate" : entretien avec MCBESS par Christophe Sion


Peu présent de par nos contrées, Matthieu Bessudo aka mcbess, est un de ces petits génies dont on aimerait voir le travail plus souvent... De passage dans notre capitale à l'occasion de sa première exposition en France, ce drôle d'oiseau à l'imagination infiniment fertile n'a beau avoir que vingt-cinq ans, son parcours et ses récentes expositions un peu partout dans le monde laissent rêveur. En passe de devenir une référence certaine en matière d'illustration, ce jeune Français exilé à Londres partage avec nous son expérience. Accrochez vos ceintures, et préparez-vous à suivre ce talent en pleine ascension !

Je t'ai connu à tes débuts, tu postais tes dessins sur le forum Café Salé mais aussi sur Eatpoo...
À l'époque je découvrais tout. Je suivais mes études chez SupInfoCom, une école spécialisée en image de synthèse et en animation 2D/3D. J'ai eu la chance d'y côtoyer d'autres élèves qui m'ont communiqué leur goût pour l'illustration. Ils m'ont fait découvrir des sites sur internet comme Café Salé et EatPoo. Je pense que je dois une grosse partie de ma "notoriété internet " à ces deux communautés. Y présenter mon travail, c'était pour moi un peu l'épreuve du feu. On a toujours été assez violent dans la façon de traiter notre travail entre nous, ça faisait plaisir quand un gars venait dire "non mais là, tu as vraiment fait de la m..." (sourire). Je cherche toujours le plus de critiques et de conseils possibles, c'est de toute façon constructif.

On a beaucoup parlé de toi au moment de ton diplôme à SupInfoCom en 2006, ton animation Sigg Jones a beaucoup tourné sur le net...
Sigg Jones, c'était particulier parce que ce film n'était pas mon idée... Nous étions 3, on avait donc 3 scénarios, mais deux d'entre nous n'ont pas été sélectionné... J'avais vraiment envie de faire mon film avec mes idées graphiques, et puis j'ai dû bosser sur l'idée de mon ami Douglas Lassance aka Asterokid. C'est lui qui à mon avis visualisait le mieux ce projet, puisque c'était son idée ; il est vraiment impressionnant techniquement, c'est une des meilleures personnes que je connaisse qui maîtrise aussi bien la 3D.
Par contre dans le film on a tous fait un peu de tout : un peu d'animation, un peu de rendu et de modélisation, on a justement pas trop spécialisé nos tâches, et c'est important parce que je pense que si tu te spécialises trop, tu bosses un peu comme à l'usine et tu ne vois pas l'ensemble du travail.


Ca coïncide au début de ta carrière pro, tu pars t'installer à Londres où tu es embauché par le prestigieux studio « The Mill »...

C'est vrai qu'on a eu de la chance : sur une classe de 30 élèves, une vingtaine a pu partir à Londres.
J'ai gagné mon emploi grâce à cette animation, par contre je ne l'assumais plus. Je me suis vraiment coupé du reste pour dessiner de mon côté, là où j'allais pouvoir recommencer à zéro.
J'ai commencé à Londres à faire de la 3D, tu modélises du papier toilette, et là tu as l'image du rouleau de PQ qui roule sur la table et tu te dis que ça va être sympa comme boulot, je le sens là... (rire). Bon en même temps, toi tu es junior donc tu commences par ce genre de travail ; et puis ça a évolué, ça a évolué, et maintenant ça a vraiment changé.
A l'heure actuelle, je suis réa, je ne touche plus à l'ordinateur... ce qui n'est pas tout à fait vrai parce que j'aime bien faire mes propres textures, les matte paintings, c'est vraiment intéressant à faire...
Par contre, je ne touche plus à la 3D dont j'ai complètement perdu l'intérêt, tu as tellement de sections différentes : l'animation, le rendu, la texture... Tu ne peux pas tout faire en même temps au final, donc si tu fais ce choix, c'est difficile d'avoir une bonne vision d'ensemble, sauf si tu es très fort...

Tu peux nous en dire un peu plus sur The Mill ?
C'est un studio de post production créé par Ridley Scott, spécialisé dans les effets visuels. Ils ont arrêté de faire des films même si ça reviendra sans doute ; on fait appel à nous quand on a besoin par exemple d'effets spéciaux. Mais ils sont en train de se transformer en boîte de prod, et ainsi proposer leurs propres réas, et c'est là où on a eu de la chance après SupInfoCom parce qu'on est arrivé au bon moment, d'autant plus que c'est dur de s'implanter dans une boîte en temps que créa quand on est déjà un peu à part si tu vois ce que je veux dire...


Tu es en train de me dire qu'il y a une sorte de nouvelle identité qui se crée au sein de The Mill. Toi et tes potes de SupInfoCom faites partie de ce renouveau en pleine ébullition...

En fait je crois aussi qu'ils ont compris que j'avais un certain public, et si tu reprends le clip « Wood » qu'ils nous ont laissé faire pour mon groupe et qui a fait 300 000 vues, je pense qu'ils se sont dit qu'ils allaient nous pousser...
Dans les autres boîtes, tu as des phénomènes, des gars comme Pete Candeland qui réalisent des anims comme Gorillaz. Tu peux pas débarquer dans une boîte comme ça et prétendre que tu vas pouvoir le détrôner (sourire).

En plus de ton travail professionnel, tu dessines et tu fais de la musique... Comment arrives-tu à tout gérer ?
Je crois que j'ai beaucoup de chance au boulot. Je ne sais pas si je pourrais caser une énorme toile et la peindre, mais ça risque d'être bientôt possible, par contre c'est vrai qu'il n'y a aucun problème pour moi d'avoir mes carnets de croquis, mes compositions et même tranquillement remplir de noir mes dessins sans que personne ne m'ennuie...
Je pense que c'est également une question de confiance en soi, le fait d'essayer de rassembler le maximum de choses sous le même drapeau me rassure pas mal... Ça m'apporte un équilibre.


Ton actualité est très riche depuis ces deux dernières années. Tu as fait une ribambelle d'expos à l'étranger, on se souvient de cette première chez
Rotopol...
Alors Rotopol, c'est génial !(rires). J'avais déjà envoyé un dessin pour une de leurs expos collectives, mais c'est eux qui m'ont invité pour ma première exposition, c'était vraiment le tout début. Je suis partie avec 4 autres potes, on a fait des installations, c'était très cool, on s'est vraiment amusé, c'était un petit évènement mais quelle expérience pour une première fois !
Michael Meier, que j'ai connu sur le Café Salé, est une énorme brutasse de l'illustration ; il habite à Kassel, un petit bled en Allemagne où se trouve son shop/galerie qu'il tient avec sa copine et une amie à eux. Ils ont vraiment le bon spirit, ce sont des gens ultra cool. Ils ont leur propre société d'édition qui leur permet d'éditer leurs comics... Ils possèdent leur propre atelier de sérigraphie et sont super chiants sur la qualité du papier...

Oui d'ailleurs c'est chez eux que tu fais imprimer les prints vendus sur ton site et ceux qui étaient présents à l'expo de la galerie ISSUE. C'est difficile à imaginer sur le web, mais quand on les a en mains, on aperçoit le grain du papier, ce que je trouve très agréable, on a l'impression que c'est toi qui l'a fait et que c'est tout sauf de l'impression machine, la qualité des traits et des encres, c'est juste sublime...
Ah mais carrément ! Ils aiment travailler la finition et quand tu vois leur taff en tant qu'illustrateur, t'as aucun doute sur la qualité des gens qu'ils sont...


En février dernier, te voilà enfin pour une première exposition en France intitulée « Un An au ChChâteau » à la galerie ISSUE . Comment s'est passée cette rencontre ?

Ghislain Garlin, qui sort aussi de SupInfoCom, y a présenté son exposition Grain de beauté en 2008 (j'y avais réalisé un dessin). De là est né mon premier contact avec eux.
Pour mon expo, je ne voulais pas réutiliser de vieux taffs, j'ai voulu faire quelque chose de différent. Je n'ai pas eu beaucoup de temps, c'était intensif, mais j'aime travailler dans ces conditions... Je suis arrivé à la galerie le lundi avec une idée vague de fresque mais je n'avais rien préparé. J'ai commencé à dessiner au crayon sur le mur... J'étais censé peindre seul et finalement ça s'est transformé en collab avec Arlette et Martial du collectif Jean Spezial et aussi Ghislain. Etaient également présentées une vingtaine d'illustrations à l'encre de Chine et au crayon. Mooe, ma copine, a fait une petite nana afro sur laquelle j'ai rajouté plein de petits tatouages et de la typo. Arlette et Martial en ont réalisé deux autres avec moi.

Après le vernissage, tu as donné un concert avec ton groupe les Dead Pirates, comment ça s'est passé ? Parle-nous un peu de ce groupe...
Génial ! C'était notre deuxième concert, c'était vraiment excellent... Mon frère est à la batterie, je suis au chant et à la guitare. On joue ensemble depuis plus de dix ans, nous inversons parfois les rôles. Nous composons tous les deux, mais c'est important que ce soit lui qui chante sur ses chansons et moi sur les miennes... Il chante depuis qu'il est gosse, c'est un gros fan de rock sudiste américain, Lynyrd Skynyrd et tout ces trucs... Sa bande de potes qui vivent dans le sud de la France sont tous des gars qu'on croiraient sortis des années 70 mais ils ont juste 18 ans, avec des cheveux longs et des t-shirts de Pink Floyd. Ils sont très marrants et vraiment cool... Le bassiste et le guitariste sont de très bons potes. J'ai toujours joué dans des groupes depuis que j'ai quinze ans. J'avais envie de monter le mien. Là, le principe était vraiment de faire le groupe des personnages des illustrations, à l'image du clip Wood.
On a plein d'idées pour l'avenir, on voit déjà des scènes avec deux batteries, des projets pas réalisables pour l'instant, surtout dans des petites salles... On va commencer à préparer des concerts de plus grosse taille avec du meilleur matos, je pense que ça va le faire... C'est important pour moi en tout cas, c'est vraiment important.

Et l'album des Dead Pirates, vous pensez le terminer bientôt ?
On devrait l'avoir terminé pour cet été. Il y aura au moins 10 pistes, sans doute 12 avec une bonus track.

On imagine déjà une belle jaquette avec son livret préparé aux petits oignons...
Oui, ce sera un bel objet, pas une vieille boîte en plastique, ce n'est pas possible ! Et puis j'espère avoir une édition vinyle aussi, je veux faire les choses bien. Pour le moment, nos mp3 sont en vente sur le site de groupe.


Pourrais-tu envisager de lâcher complètement le dessin pour te donner à fond dans la musique et partir en tournée avec le groupe ?
Ah absolument... Je vais le faire ! (sourire). C'est quelque chose qu'on a clairement en projet ; on sait qu'on pourra pas faire ça avant deux ou trois ans. Là on a vraiment envie de bosser dessus, mais je pense que si je partais en tournée, j'emmènerais avec moi tout ce qu'il faut pour dessiner… Si tu vois ce que je veux dire (rires).

Vu ton rapport à la musique, on imagine que tes dessins te mettent en scène. Nobrow a récemment édité un splendide petit livre - Malevolent Melody EP - où tu as dessiné l'histoire du 45T qui l'accompagne...
Mes personnages sont tous plus ou moins des représentations des gens de mon entourage. Par exemple, dans le livre, le personnage aux cheveux longs est une représentation de mon frère. Sans révéler la fin de l'histoire, c'est lui le méchant. C'est soi-disant le gars qui joue une chanson capable d'ouvrir les portes de l'enfer sur la face A (Malevolent Melody), et la chanson en face B en raconte l'histoire (Recorded By The Devil).
On a vraiment voulu faire une sorte de mise en abime avec ce vinyle. Le 45T fait partie intégrante de l'histoire. On est d'ailleurs en train de parler avec une grosse boîte américaine pour faire une série animée basée sur cette histoire.

Pour revenir au dessin, depuis quelque temps tu as tranché pour un noir & blanc tout en finesse, qu'en est-il de la couleur ?
Je suis en train de m'y re-attaquer... Mais différemment et avec parcimonie, en ajoutant des couleurs extrêmement dé-saturées, délavées, limite à l'aquarelle, pour augmenter la saturation au fur et à mesure. En même temps c'est étrange parce que si tu regardes ma garde robe ou mes chaussures, c'est radicalement saturé, limite pop, avec du rouge, du jaune, du bleu... Mon vélo est rouge, bleu et jaune aussi, comme les dessins que je faisais (cf l'exposition chez Rotofugi). J'éprouve une sorte de fétichisme pour ces trois couleurs !
Par contre dans l'univers que je développe, je suis vraiment attaché au clair-obscur, ce qu'on faisait dans les films en noir et blanc comme La nuit du chasseur ou encore ces vieux films d'horreurs. Parfois, à cause du peu de budget, tu cachais les choses, comme de laisser le visage d'un méchant dans l'ombre... C'est super important et on ne le fait plus du tout. Et si tu regardes des séries comme Batman avec le Joker, ou ce genre de truc, ils savaient le faire. C'était peut-être faute de moyen mais il y avait aussi un vrai savoir-faire, ça apportait du mouvement, juste apercevoir une lueur et te dire "wow".


Ca a aussi sans doute beaucoup disparu avec l'arrivée de certains artifices...
Comme la 3D et tout ça... Je trouve ça vraiment dommage, c'est un savoir faire qui est en train de se perdre, enfin peut-être pas en train de se perdre, mais je pense que les maisons de production qui tiennent les tunes derrière ont envie de dire aux réalisateurs « non mais là le monstre tu le montres, ça va coûter 300 millions, ça va être excellent »… Enfin voilà, c'est un peu dommage.
Là on est en pré-prod pour faire un clip en vidéo pour les Dead Pirates justement. C'est produit par The Mill et on reste toujours dans cet esprit.

Tu parles de l'univers des Dead Pirates et du rapport à tes dessins, pourquoi ce choix pour le noir & blanc ?
Le noir & blanc est présent dans mes dessins pour un tas de raisons, j'aime par exemple son aspect « gravure ». Si on prend l'exemple d'une photo d'une fille en noir et blanc, si ses cheveux sont une énorme masse noire, tu vois des petits traits, des tout-petits reflets, ça peut te faire penser aux vinyles, à plein de choses en fin de compte, c'est vraiment ce que je trouve magnifique.
Ca découle aussi d'une recherche d'équilibre dans mes compositions : la juste densité de noir, la juste densité de blanc, t'as rien de plus pur en fin de compte... A partir de ça, composer une image, c'est tout un challenge.
C'est quelque chose que je tente de plus en plus de développer dans mes dessins, et que j'essaye de faire en vrai plus qu'à l'ordinateur. Tu sais à l'ordinateur j'utilise très peu d'artifices, je n'utilise pas de filtres évidemment, j'essaye de ne jamais utiliser de dégradés automatiques par exemple, j'essaye de les faire à la main, ce qui est ultra chiant.

Je pense que tu serais tout de suite grillé...
Oui clairement. Mais quand tu te retrouves avec certaines dead lines, tu essaies des techniques, de dupliquer ou de faire une brosse, mais ça ne marche jamais... Et puis quand ça fonctionne, c'est moralement que ça ne passe pas ! Tu te dis « non... Je ne peux pas le laisser comme ça, je dois le refaire à la main, tant pis on va perdre 6h et je ne dormirai pas cette nuit, mais je ne peux pas le faire comme ça... ».


Tu disais justement tout à l'heure que tu avais l'impression que tout ce côté noir & blanc se perdait. Peux-tu nous dire comment tu te documentes par rapport à ça ?

Oui, alors merci à internet ! Y'a des fous sur la toile qui s'amusent à effacer tous les personnages présents sur les dessins animés, pour ainsi garder seulement les backgrounds de tous les vieux dessins animés... En ce moment il y a ce gars qui fait un boulot gigantesque : il enregistre toute la scène, et comme les personnages vont forcément de gauche à droite, il arrive à reboucher les trous, et il arrive même à reconstituer des panoramiques parfois quand la caméra bouge... Je crois que c'est un type qui a bossé dans le cartoon pendant la guerre du cartoon, je pense qu'il a tous les DVD, ces travaux sont plutôt en bonne définition... Je sais pas ce qu'il fait dans la vie d'ailleurs, mais il update non-stop, tout le temps, tous les fonds qui peuvent exister... C'est un travail de dingue ! Ca fait partie des énormes inspirations que nous avons pour les films. Dans mes illustration, dans la mesure du possible; j'essaie de garder un aspect plat et un peu théâtral, avec différents plans, c'est pas trop mon truc de bosser avec des perspectives.

D'où te vient cet univers ?
L'esprit un peu country - Texas, ce sont mes influences musicales, l'esthétique des concerts de tout ce qui se faisait dans les années 70 et les séries du genre Shérif fais-moi peur, Smokey & The Bandit… C'est vraiment une atmosphère qui m'inspire.

Tout ce mouvement 70's américain, les affiches des concerts de l'époque, leurs typos, etc ?
Oui, carrément. En fait avec mon frère on était vraiment des gros fans de Lynyrd Skynird, le groupe assez bourrin qui ne faisait pas que dans la finesse, mais qui à l'époque était quand même incroyable. Avec des gros tubes comme Sweet Home Alabama ou Freebird, ils ont innové dans pas mal de choses, c'était un groupe vraiment important pour sa génération. Mais c'est vrai que l'esthétique de cette période, c'était des gars avec des t-shirts super serrés, à la Led Zep made in Texas tu vois. Ils se retrouvent des fois à faire des concerts dans des prairies vallonnées, devant 200.000 personnes, et c'est trop beau, c'est vraiment incroyable l'ambiance qui ressort de ces photos et de ces vidéos. T'as envie d'y être, pas forcément pour la musique mais l'ambiance a l'air de défoncer et je pense que ce style country, entre autre, rejoint un peu mon côté forêt, le côté robuste, un peu bourrin, genre tu te taches mais c'est pas grave, le côté barbecue et tout ça...
Et puis j'aime l'anachronisme de ces personnages en t-shirts avec des tatouages, des amplis, des guitares, dans un monde limite moyenâgeux, mais ça peut-être aussi victorien ou du début du siècle dernier, tu sais pas exactement où ça se passe... Un mélange de forêts, mais ça pourrait très bien être aussi des plaines américaines à côté de montagnes suisses ! Je pense que mes influences sont nettes, je ne vais pas les cacher, on le voit dans mon dessin.
On arrête pas de me parler tout le temps de Jamie Hewlett... On me compare à lui sans doute parce que mes personnages jouent de la musique... J'aime vraiment tout ce qu'il fait, par contre je crois clairement que ça ne fait pas partie de mes plus grosses influences.


On parle beaucoup de ton dessin, on parle moins de ton utilisation des typos, du texte qui fait office de voix off...

Oui, à noter qu'ils ont tous du sens. Le dessin c'est quand même un truc que tu fais sur l'instant. Mais la typographie pour moi c'est évidemment très important et ça me passionne réellement. Après je suis loin d'être académique dans ce domaine, ça ne m'intéresse pas vraiment de respecter les règles, mais par contre c'est une technique que j'aime énormément bosser et je pense que je vais essayer de continuer encore plus dans les prochaines pièces... C'est vraiment quelque chose que j'adore, ça finit tellement bien le dessin...

Oui, ça permet aussi de mieux saisir ton univers, on a du mal à imaginer tes dessins sans tous ces mots...
Dans la progression d'un dessin, ça fait partie des sujets que je place en dernier... et ce que je place vraiment en dernier du dernier, c'est le tattoo du personnage. Mes persos restent cleans jusqu'à la fin du dessin, c'est un peu comme le dessert si tu vois ce que je veux dire « ah maintenant je me régale...» (sourire)

J'avais trouvé une sorte de qualificatif de ton univers, dis-moi si tu es d'accord avec ça : "Country Folk Psyché Vulgos Chic Spaghetti Draculesque".
Ça marche pas mal je crois, si tu remplaces « spaghetti » par «viande», t'as pratiquement bon à 100%. Je pense que t'as rien manqué là ! (rire)


Vu ton univers, créer ton propre toy, c'est quelque chose que tu pourrais envisager ?

Justement, j'ai un Dunny qui sort chez KidRobot. J'ai aussi un second projet de toy qui me tient vraiment à cœur avec Nobrow. On a vraiment envie de faire un nouveau personnage, avec un accessoire ou deux et un pur packaging !

As-tu d'autres projets dont tu peux nous parler ?
Je vais faire une expo en septembre au Old Shoreditch, un bar/galerie à l'est de Londres. Ça va être un peu différent dans le sens où je ferai moins d'illustrations, mais un décor du lieu qui deviendrait un bar façon mcbess. Mon job consistera entre autre à créer des chaises et des tables... Les clips pour le groupe sont également à venir, et puis la musique...

Je me demandais si tu serais prêt à jouer le jeu de la dédicace en nous réalisant un dessin pour clore l'interview ?
Avec plaisir !

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