lundi 30 mars 2009

Keith Part2ism, "Artillery for pleasure. The Manual" (UrbanAngel, mars 2009)


Si vous avez raté l'exposition "Artillery for pleasure" de Keith Part2ism à la galerie The Art Lounge de Londres du 06 au 16 mars dernier, vous n'avez cependant pu passer à travers l'avalanche de photos de ses travaux qui est apparue sur le net à cette occasion. C'est dire à quel point cette exposition a été l'occasion pour l'artiste anglais de faire connaître son travail à un très large public et d'en dévoiler une nouvelle facette.

Activiste depuis le milieu des années 80 (à l'époque il officiait sous le nom de Part2), Part2ism s'était notamment fait connaître pour ses graffs et autres volumes en carton coupé témoignant d'une recherche formelle portant sur les formes géométriques et sur notre perception de la réalité au travers de ces formes arbitrairement déconstruites. Par ailleurs, il n'était pas non plus inconnu du milieu musical puisqu'il a longtemps été un des producteurs attitrés des artistes signés par le label Ninja Tunes.


Les nouvelles pièces qu'il vient d'exposer à la galerie The Art Lounge ont cependant permis de découvrir une autre dimension de son travail à travers une série d'oeuvres au modèle et à la thématique commune intitulée "Tamara". Soit des toiles réalisées à la bombe de peinture automobile figurant une femme dénudée affublée d'un masque à gaz recouvrant entièrement son visage. L'érotisme inhérent au traitement très réaliste du sujet et aux postures lascives façon pin-up adoptées par le modèle s'y voit confronter, via l'omniprésent masque à gaz, au monde de la guerre et à l'esthétique militaire.
On pense certes aux jeux érotiques sado-masochistes et fétichistes. On ne peut par ailleurs faire l'économie d'une réflexion sur l'aliénation actuelle de la femme à travers la planète : voilée ou violée, en tous les cas presque toujours objet de désir et de haine dépossédé de son corps... La violence des travaux de la série "Tamara" (violence des couleurs utilisées comme fond, violence du contraste entre le corps dénudé et le visage totalement masqué, entre la chaire et le cuir, violence aussi de la rencontre entre la féminité et le monde réputé viril de la guerre) nous y enjoint plus qu'elle ne nous y invite.


D'abord apparue dans les rues de Londres sous forme de fresques murales, cette série s'est naturellement poursuivie sur toiles à l'occasion de l'exposition "Artillery for pleasure". Pour cet artiste rejetant les étiquettes de street artiste et de graffeur au profit de celle d'artiste renégat ("fine art renegade"), exprimant ainsi son refus d'une conception uniquement contextuelle du street art, c'est là une prolongation toute naturelle de sa démarche.

A l'occasion de cette exposition, un catalogue des oeuvres de Part2ism reprenant les travaux de la série "Tamara" a été édité : "Artillery for pleasure. The Manual". Imprimé à un nombre très limité d'exemplaires (250 copies seulement), celui-ci est encore disponible sur le site d'UrbanAngel.
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samedi 28 mars 2009

Des entrailles plein les yeux (complément)

Jacques Fabien Gautier d'Agoty (1716-1785),
"Femme vue de dos, disséquée de la nuque au sacrum"
(rebaptisée "Ange anatomique" par les surréalistes)

Elle disait :
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"Mais j'avais saigné du ventre avant qu'ils aient saigné du nez.
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Bien sûr, je ne savais pas comment ça marchait, le corps, l'atelier à souffrir, la machine à plaisir, à rêver.
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Rêver
Un jour je rêvais debout, sur les quais devant une vieille gravure, une planche de dissection...
Une jolie femme aux épaules nues ou plutôt dénudée avec la peau rabattue de chaque côté...
Horreur et splendeur viscérales.
Manteau de chair à la doublure écarlate, sanglant et tendre décolleté...
Mais c'était pas tellement terrible et pas si laid, simplement cruel et vrai.
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Je me parlais : "C'est comme ça ton "monde intérieur" avec l'urine, la merde, l'amour, le sang et des pieds à la tête et de la tête au coeur.
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Fonctions naturelles
Je n'avais pas à en penser du mal ni à en dire du bien.
Après tout - ou avant tout - la nature est peut-être contre nature mais ce n'était pas une nature morte l'image qui me racontait la vie et dans la sanglante gravure de mode je voyais, comme je vous vois et que je n'aperçois même pas, des choses marrantes et rassurantes.
Oui je voyais surtout une chose que l'imagier avait oubliée : le label cousu main sur la doublure pourpre du manteau de peau blanche, l'étiquette du grand couturier :
"Création Dieu père et fils."
Et je riais."Je savais qu'il ne s'agissait pas de haute couture mais simplement de prêt-à-porter."

Jacques Prévert, "Imaginaires", Skira, 1970

Jacques Prévert, "Image vertébrale et prévertébrale"

NB : l'exposition "Our Body / à corps ouvert" dont nous avions parlé en octobre 2008 fait actuellement étape à Paris à l'Espace 12 Madeleine, cela jusqu'au 10 mai prochain.
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samedi 21 mars 2009

Quelques trucs sympas


Jeremy Brautman est un passionné de jouets. Du genre à glaner quotidiennement des dizaines d'infos sur l'univers des designer toys et à en faire profiter tout le monde via son site internet Toycyte, un des sites de référence sur la question.

Grand amateur du travail de Skwak devant l'éternel, Jeremy ne pouvait se résoudre à ne pas comprendre l'entretien accordé le 12 mars dernier par l'artiste à Some cool stuff. Etrangement il semblerait en effet que tout le monde ne maîtrise pas la langue de Molière à San Francisco... D'où son idée de mettre à contribution sa mère, prof de français à la retraite.
Celle-ci ne s'est pas fait prier et l'entretien en question est donc maintenant disponible en anglais dans le texte sur Toycyte. Merci à eux.

Puisque je suis en train de vous causer cuisine interne, sachez également que les petits problèmes que vous rencontrez depuis quelques jours lors de vos visites sur Some cool stuff sont dus au changement de nom de domaine en cours. D'ici quelques heures http://some-cool-stuff.blogspot.com/ devrait en effet se transformer en http://www.somecoolstuff.org. C'est plus joli non ?

edit du 27 mars :
Les changements de nom de domaine chez blogger étant à peu près aussi simples à gérer qu'un changement d'adresse avec la Poste, l'adresse de Some cool stuff se termine toujours par blogspot.com. Toutes nos excuses pour la disparition momentanée du blog. et rendez-vous bientôt, je l'espère, sur www.somecoolstuff.org...
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vendredi 20 mars 2009

Entretien avec Frédéric Claquin ("Juxtapoz Remix # 01", Ankama Editions)


Ca faisait un petit moment que la rumeur courrait et que l'on attendait ça avec impatience (voir et ). Cette fois la nouvelle est tombée sous la forme d'un communiqué de presse et est donc on ne peut plus officielle : les éditions Ankama et leur Label 619 s'apprêtent à commercialiser Juxtapoz Remix # 01, soit une compilation, en français dans le texte, des plus belles pages du magazine culte Juxtapoz créé en 1994 par Robert Williams.

Le volume de 216 pages arrivera sur les rayonnages des librairies le 16 avril prochain. Au sommaire : Mark Ryden, Mark Gonzales, Ryan Mc Ginley, Gary Baseman, Usugrow et une trentaine d'autres artistes du même gabari.

Pour patienter jusque là et pour en apprendre un peu plus sur ce projet éditorial que l'on peut d'ores et déjà considérer comme étant un des plus importants, en matière de street-culture, de l'année 2009, Some Cool Stuff vous propose un entretien avec Frédéric Claquin (de Plan9 Entertainment), directeur de collection pour Juxtapoz Remix # 01.


"Remix # 1", cela veut dire que ça va devenir un rendez-vous régulier ?
Oui, l’idée est effectivement d’avoir un rendez-vous régulier avec cette collection dont la périodicité restera à définir. Il y a suffisamment de contenus disponibles pour faire jusqu’à deux volumes par an, même en pratiquant une sélection drastique.

Il fut un temps où une information circulait selon laquelle une édition française de Juxtapoz en kiosque allait voir le jour. Est-ce que la sortie de Remix # 1 signifie que l'on peut faire une croix sur cette perspective ?
Oui, l’éditeur français en question c’était moi ! Je voulais proposer Juxtapoz en France de la même manière que ce que nous faisons pour Thrasher Magazine avec Surf Session, à savoir une version « française » de Juxtapoz avec en partie du contenu provenant des US et en partie de contenu qui aurait été créé localement. Or nous nous sommes heurtés à plusieurs problèmes : déjà le modèle économique de la presse qui est actuellement compliqué, ainsi que le coté « multi thématique » de Juxtapoz qui peut parler de peinture, de photos, de tatouages, etc. En France les annonceurs aiment bien les médias qui rentrent dans une case et une seule, de la même manière qu’il y a des déjà de très bons magazines pointus sur ces segments précis (graffiti, tatouage…). Donc nous avons eu quelques difficultés à imposer le titre auprès des annonceurs ou régies. Mais avec le recul, je pense que c’est un mal pour un bien car autant le format magazine se prête très bien à Thrasher, autant, vu la qualité du contenu de Juxtapoz, le fait de s’orienter sur un table book est bien plus intéressant, y compris pour les lecteurs, mais aussi plus logique quelque part. Ce livre c’est avant tout un bel objet.
Concernant l’avenir, si ce premier volume trouve son public l’idée est de continuer sur cette lancée d’autant que le traitement est beaucoup plus qualitatif ainsi. Maintenant, l’idée de proposer une version magazine localisée de Juxtapoz n’est pas morte, il faut juste se laisser du temps. Quand Thrahser a été lancé, la marque existait sur le marché skate depuis 20 ans, elle était installée, c’était une référence. Juxtapoz est encore plus jeune de ce point de vue là.


Comment a été faite la sélection des artistes figurants dans ce premier volume ? Le choix opéré entre les artistes et leurs oeuvres a-t-il été fait selon des critères franco-français ? Je veux dire par là : avez vous choisi à dessein des artistes ayant déjà une certaine reconnaissance en France ?
Nous avons eu carte blanche pour la sélection que j’ai réalisée avec Run. Il est clair que pour un premier volume nous nous sommes orientés sur des noms connus, c’était notre premier critère. Ensuite, il est certain que, par goût personnel, nous avons aussi, de fait, mis de coté certains artistes plus pointus ou plus barrés. L’idée avec ce premier tome est de réunir différents publics, aussi bien des gens à fond dans la mouvance street art que des gens qui s’y intéressent sans pour autant être H24 sur le sujet. C’est aussi ça installer une marque, c’est s’ouvrir à un public plus large, lui faire découvrir des choses, sans mettre de coté l’image et les valeurs de Juxtapoz.


Dans quelle mesure la rédaction de Juxtapoz a-t-elle été, ou s'est-elle, impliquée dans cette édition française ?
Travaillant depuis plus de 4 ans maintenant sur Thrasher Magazine, nous avons eu carte blanche sur le projet et une confiance totale de la part de High Speed Productions (éditeur de Thrasher Magazine, Juxtapoz et Slap) quant aux choix que nous avons faits (sélection, format du livre, etc.). Il y a juste eu un input de leur part au moment de la validation du produit final, par rapport à des broutilles (la mise en page par exemple), mais sans pour autant qu’on nous impose quoi que ce soit. C’est très important et gratifiant aussi de pouvoir travailler dans ces conditions mais c’est aussi normal puisqu’une relation de confiance s’est instaurée depuis longtemps.


Remix # 1 comprendra des interview en plus des port-folios des artistes. Ces entretiens ont-ils été menés spécifiquement à l’occasion de la sortie du livre où est-ce qu’il s’agit de traductions d’interviews parues dans le mensuel Juxtapoz ?
Nous avons fait le choix de garder les interviews et articles parus dans le magazine pour garder le ton Juxtapoz. Si nous avions pris le parti de refaire les différentes interviews,nous n’aurions pas forcément eu besoin ou peut-être pas eu envie de labéliser ce table book Juxtapoz. De la même manière que ce qui caractérise Thrasher Magazine, Juxtapoz c’est un ton, une mise en page, un style et une ligne éditoriale forte. C’est un tout et on a gardé ce tout pour être le plus authentique possible.


Vous avez fait le choix d’un format à l’italienne qui ne respecte pas celui du magazine. Pourquoi ?
C’est un choix qui nous été proposé par Marine Barreyre, la responsable de la fabrication chez Ankama Editions, afin de proposer les visuels en pleine page, plutôt que sur des doubles pages comme dans la version magazine. En plus d’être plus qualitatif, cela rend aussi ce table book original. Je trouve que l’idée est excellente et cela a bien plu aussi chez High Speed Productions.
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jeudi 19 mars 2009

Le Merde, Bangal (et Hollis ?) à Tokyo


Le monde de Le Merde est peuplé de personnages aux cheveux longs, aux fausses allures de tennismen des années 70, de skaters dégénérés ou de hard-rockers comme on n'en voit plus que dans les vidéos d'archives d'AC/DC. Quand ils n'appartiennent pas à cette catégorie, alors ils prennent la forme de robots mal foutus ou à de monstres protéiformes. Tous ont l'air soit bête, soit méchant, parfois même les deux à la fois.

Quant à son style (ou plutôt leur style, Le Merde étant en réalité un couple à la ville comme au travail), qu'il l'applique à des compositions 2D ou à des figurines 3D, il est marqué par un faux amateurisme donnant à l'ensemble un aspect à la fois foutraque, joyeux et coloré. Bien que foncièrement singulier et inimitable, on peut toutefois le rapprocher de celui de Dehara : comme son cousin japonais Le Merde crée l'équilibre à partir de formes dysharmonieuses, de personnages à l'esthétique plus proche de celle d'un bonhomme de pâte à modeler créer par une tête blonde à la main maladroite que de celle d'un sculpteur méticuleux.


Le Merde traîne derrière lui, depuis quelques temps déjà, une bande de fidèles qui n'hésitent pas à faire imploser son site web dès qu'il y met en vente les quelques exemplaires existants de chacune de ses nouvelles créations 3D. Moulées en résine, de manière on ne peut plus artisanale, celles-ci bénéficient souvent d'effets d'incrustations du plus bel effet (cerveau, intestins et autres organes plus ou moins reconnaissables apparaissent de manière floue au travers d'une résine à la transparence proche de celle d'un cours d'eau pollué par l'usine de produits chimiques avoisinante). Quand elles sont peintes, c'est tout simplement à la main que Le Merde y va de son coup de pinceau, faisant ici ressortir le joli teint violet d'untel, là les yeux exorbités d'un autre.

Le Merde ayant su faire reconnaître et apprécier son travail par le milieu des designer toys en participant ces derniers mois à de nombreuses expositions collectives, conventions et autres rencontres "geekesques", il n'est finalement pas étonnant d'apprendre aujourd'hui qu'un projet de jouet vinyl verra bientôt le jour. Déjà, lors du SDDC 2008, le prototype en vinyl d'un des ses personnages phares - Hollis - avait été dévoilé par Super7. Celui-ci devrait être prochainement produit à l'occasion d'une série collective de minis.


Mais c'est cette fois du Japon que nous vient le nouveau projet vinyl de Le Merde. Gargamel s'apprête en effet à commercialiser le Bangal à l'occasion de l'exposition de l'artiste organisée dans son flag store Thrash Out à partir du 21 mars prochain.

Sculpté par Kiyoka, Bangal se présente sous des atours quelque peu étonnants (tout au moins pour ce que l'on peut en juger sur les images mises en ligne sur le blog de l'artiste, lesquelles ne donnent à voir qu'un shape sorti de l'usine) puisque Le Merde semble avoir fait le choix - à l'inverse du cousin nippon cité plus haut - de ne pas tenter de retranscrire en vinyl le rendu si spécifique de ses figurines en résine : ici les volumes apparaissent pleins et lisses, les différents éléments de l'anatomie présentent symétrie et régularité là où on aurait pu s'attendre à trouver déséquilibre et enfractuosités.

En outre, Bangal, à l'inverse du projet retenu par Super7 dans lequel on reconnaît sans peine un des personnages déclinés par Le Merde aussi bien sur toile qu'en volume, est dans les faits plus un mixe du style Le Merde (pour la tête principalement) et du style kaïju (la queue, les pattes, etc) propre à Gargamel qu'une retranscription pure et simple d'un des personnages de l'artiste.


Ces quelques observations faites, demeurent deux questions quant à cette première version à venir du Bangal. Sortira-t-elle effectivement en vinyl clear et si oui, Le Merde en profitera-t-il pour lui faire subir les incrustations d'organes dont il a le secret ? L'autre question qui s'impose étant de savoir si, comme le titre de l'exposition - "We are brothers" - le donne à espérer, Bangal sera accompagné de son frère Hollis quant à lui déjà décliné en résine et devant sortir prochainement dans une version mini chez Super7. Réponse dans quelques jours à l'occasion de l'inauguration de l'exposition...
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lundi 16 mars 2009

De la détérioration du vandalisme


Eric Pakurar est citoyen américain. Il vit et travaille à New York dans une agence de communication. Son site internet ne contient pas grand chose d'intéressant pour qui se fiche de savoir à quoi ressemble sa femme et quels sont ses états d'âme.

Ca ne l'empêche cependant pas d'être, depuis le 09 mars dernier (date à laquelle Wooster Collective s'est fait l'écho d'une certaine vidéo), visité par des centaines d'internautes à travers le monde partageant le même intérêt pour le street art.

C'est qu'Eric Pakurar a eu la bonne idée de prendre en photo quotidiennement le même pan de mûr du quartier de Soho en se rendant au boulot. Au bout de 8 mois de ce petit rituel, il a décidé de créer une séquence vidéo en mettant bout à bout l'ensemble de ses prises de vue.



Comme chacun est à même de le constater, la réalisation de la vidéo en question, comme la bande-son qui l'accompagne d'ailleurs, n'a rien d'exceptionnelle. Pour autant, "Chemical warfare" (puisque c'est son titre) a l'indéniable mérite de mettre en exergue un des aspects essentiels du street art : le fait qu'à l'inverse d'une oeuvre créée pour être exposée en musée, en galerie ou à domicile, la création street a pour vocation d'être présentée dans un endroit où elle aura à s'imposer et où elle sera qui plus est soumise à l'érosion naturelle comme à la dégradation volontaire.

Elle souligne ainsi l'interaction de l'oeuvre avec la rue : tout d'abord apposé, puis déchiré, puis tagué, puis partiellement recouvert de manière à lui donner une nouvelle vie, puis complètement recouvert par une nouvelle création qui sera à son tour déchirée, taguée, etc., ce qui se donne à voir comme art de la rue se soumet volontairement au regard comme à la volonté de l'observateur, susceptible de se faire à son tour acteur de ce qui se joue sur le mur.

Par la même occasion "Chemical warfare" invite à méditer sur la manière dont chacun se sent à même de s'exprimer : certains dégradent, d'autres complètent ou répondent graphiquement au travail original, d'autres encore n'ont que leur nom à apposer quand d'autres, enfin, superposent leur travail sur la créa préexistante la niant ainsi tout à fait.

Dernière observation suscitée par cette vidéo : une surface urbaine jusque là épargnée par toute forme d'expression artistique se transforme en véritable spot privilégié de création dès lors qu'elle est une première fois squattée. De là à conclure à la validité de la théorie dite de la "fenêtre cassée" - théorie de nature essentiellement réactionnaire dont la paternité revient à George L. Kelling et James Q. Wilson et selon laquelle si un premier acte de "vandalisme" n'est pas immédiatement endigué et réprimé, d'autres apparaissent alors et se multiplient - il n'y a qu'un pas que nous nous garderons cependant bien de franchir !

Notons enfin que "Chemical warfare" n'est qu'une première étape aux yeux de son réalisateur. La deuxième phase de ce projet est déjà en cours qui consiste, via une page Flickr rassemblant l'ensemble des photos du mur de Soho, à identifier les auteurs des différents traces de création qui s'y sont succédées. La phase 3, quant à elle, pourrait bien être de continuer à prendre quotidiennement en photo ce pan de mur de manière à poursuivre l'expérience.

Photo du bas : Romanywg

L'actualité récente du street-art nous offre une conclusion en images des plus édifiante où l'on voit que même un nouveau pochoir de Banksy ne survit guère plus d'une dizaine de jours en milieu urbain (en l'occurrence au Gillet Square de Londres)... On regrettera juste que le second vandale n'ai ni le talent ni la technique du premier et on se gardera bien de conclure qu'il aurait sans doute été plus inspiré en tentant de refourguer cette nouvelle création de Banksy chez Bonhams...
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jeudi 12 mars 2009

Entretien avec Skwak (Elements Alpha series, etc)


Skwak, illustrateur lillois régnant sans partage sur le Maniac World, aura dans les tout prochains jours une triple actualité : alors que la série Elements Alpha (prod. Artoyz ) dont il est un des contributeurs bénéficiera d'une sortie nationale le 14 mars, Nekowear vient de commercialiser trois de ses nouveaux t-shirts. Le tout alors même qu'il exposera ses travaux au Monde moderne, à Lille, à partir de ce vendredi 13 mars.


L’occasion, pour nous, de revenir sur sa participation à l’univers du jouet d’artiste ainsi que sur l’idée qu’il se fait de sa pratique artistique et, pour lui, de nous faire profiter de quelques infos exclusives concernant ses projets à venir...


Salut Skwak. Si tu le veux bien, on va commencer par la sortie de ce jouet dans la série Elements Alpha chez Artoyz. Tu as choisi de t'attaquer au shape de l'élément eau qui convient effectivement bien à ton univers toujours un peu dégoulinant. Ce perso, tu le conçois comme étant un des représentants du Maniac World ?
Bonjour Johan ! L'Element Maniac, oui comme tu le dis c'était la forme qui me parlait le plus : j'ai tout de suite imaginé ce que je pourrai faire avec. A ta question « s'inscrit-il dans le Maniac World », oui bien sur, tout ce que je fais s'inscrit dans mon univers. Tout ce que je fais a une influence sur le Maniac World et le Maniac World a une influence sur tout ce que je fais. Pour revenir au Element Maniac, ce qui n'a pas été précisé c'est qu'il représente un chewing-gum collé. A la menthe, mes préférés ah ah ah ! Pardon. Il y en aura aussi une version super secrète dont le ratio est encore plus rare que le Bwana [Spoons]...

Tu peux nous en dire plus sur cet univers, sur le Maniac World, que tu déclines toujours un peu plus dans chacune de tes productions, que tu sembles complexifier à l'infini un peu à la manière d'un auteur d'heroic fantasy peaufinant toujours plus son univers parallèle ?
Le maniac world ! Il y a énormément de choses à en dire et je pourrais aussi bien le résumer en un seul mot : TROP.
Je te passe le chapitre « je dessine depuis tout petit et les maniacs sont apparus à moi comme une évidence », parce que d'interview en interview (qui a dit d'analyse en analyse ?) je m'aperçois que les maniacs sont presque un accident. La forme est arrivée comme ça, sans doute dans un bar devant une bière... Le fond est venu plus tard. C'était d'abord quelque chose plutôt écolo. Tu te souviens peut-être des koogais [peluches cousues main qui constituent en quelque sorte le premier pas de Skwak dans l’univers des jouets], « pollution » en japonais. Ca a ensuite doucement glissé vers un miroir déformant du monde qui m'entoure.
Le complexifier ? Non, l'enrichir ! Je suis le Tolkien de l'illustration ! Ah ah, non chut, n'écris pas ça on va encore croire que je suis sérieux ! Sérieusement ce monde des maniacs, j'essaie de lui donner des règles, une sorte de cohérence dans l'incohérence. Au premier abord mes travaux semblent complètement hasardeux : un gros bordel ! Mais pour moi tout est organisé dans ce bordel. Les histoires que je raconte ont un début et une fin ainsi qu’un sens de lecture. Les personnages ont une personnalité, ont des références. Donc oui, j'enrichis mon univers, mon deuxième monde, en y insérant chaque jour de nouveaux codes et de nouveaux habitants.


Comment ça marche, concrètement, la participation à une série collective de minis jouets de ce type ?
On te wizz sur Msn et on te dit « lapin, tu veux faire une version du Element ? Tu ne mets pas de bite ! ». Et hop, quelque temps après c'est fait.
Il n'y a rien de fou, on ne négocie pas pendant des semaines. Bon ici c'est Artoyz et Artoyz c'est la famille donc c'était un peu spécial.
Sinon pour les autres séries de minis, je participe à la prochaine série de Shin Tanaka avec Adfunture. Shin m'écrit et me demande si je suis ok. En fait c’est toujours comme ça, c’est d'une simplicité... Après ce qui est plus compliqué c'est la prod, l'attente. Par exemple pour cette série je ne sais strictement rien... Mais je m'en fous, ah ah ah !

Comme j'ai déjà eu l'occasion de te le dire, même si je trouve l'ensemble de tes incursions dans le monde des designer toys parfaitement bien pensées et réalisées, je reste toujours un peu sur ma faim. Cela pour une raison toute simple : ton style est à mes yeux intrinsèquement lié à l'idée d'accumulation, de grouillement, de multitude de personnages et d'éléments associés les uns aux autres, ce que bien entendu un perso seul n'est par définition pas à même de rendre. D'où ma question : est-ce que toi-même tu partages ce point de vue et est-ce que, par ailleurs, tu aurais pour l'avenir proche un ou des projets en matière de jouets susceptibles d'être plus en adéquation avec cette dimension de ton travail ? Je pense notamment à une série complète de minis qui, elle, serait déjà plus à même d’évoquer cette dimension...
Justement - et c’est là un scoop -, je prépare une série de minis avec Mindstyle. Les protos ne sont pas encore faits, on a pris beaucoup de retard : la crise, les usines qui ferment en Chine...! Mais une série de minis maniacs animals arrive cette année (en fin d’année) si tout va bien ! Vendus à l’aveugle, il y en aura une dizaine avec des rares : une vrai série de minis quoi ! Ça sera très coloré, ça fera mal aux yeux et ça se balancera un peu (enfin tout ça si le proto est bon)… En ce qui concerne le balancement, je précise que ce projet a plus d’un an et demi, que je suis en très bon terme avec Jury et Sam (Friends With You) et que je ne leur ai pas volé l'idée des culbutos… C’est une pure coïncidence.

Vidéo exclusive du projet de mini série Maniac Animals (3D par Gregos)

C’est vraiment une très bonne nouvelle que cette série de minis à venir. Mais pour aller plus loin, pour être plus fidèle encore à l’idée d’accumulation propre à ton boulot, l’idée d’un module-jouet constitué lui-même de différents persos ou encore de minis pouvant être associés les uns les autres ne te tente pas ?
Je vais te répondre bêtement : ça ne se vendra jamais !
Mais tu vas me dire et l'amour de l'art ! Oui mais je ne suis pas seul ! Et comme tu le sais le toy est un vrai marché, on fait du business aussi ! J'aimerais créer des formes complètement folles, une série de minis qui s'emboîtent et créer un autre monstre... Mais tout ça coûte cher et donc se vend cher… Pour être franc, le maniac n'a pas été un grand succès commercial : la « communauté » l'a bien accueilli mais les ventes ne se sont pas envolées (la preuve, je ne pense pas que les colors versions initialement prévues sortiront, il doit y en avoir 20 de chaque dans le monde : collector !). Pourquoi ? Premier jouet… et un peu grand ! Trop cher.... Mauvaise com de Mindstyle ? Je ne sais pas vraiment... En tout cas, pour être honnête, ça m'a un peu refroidi. J'attendais comme toi de pouvoir vraiment transcrire mon univers, d'être totalement libre et d'un coup le « marché » m'a rattrapé... Maintenant je fais des toys avec plaisir mais surtout pour m'amuser, comme des petits clins d'oeil a mon univers (un autre clin d'oeil de ce type à venir, sans doute en 2010, sera un Dunny 8 pouces que j'ai actuellement en préparation pour Kidrobot ). Mais je ne compte pas là-dessus pour vraiment le développer.


Pour rester sur cette idée de monde qui grouille, il se dégage toujours de tes compositions une impression d'étouffement, de trop plein, due à ta manière de remplir systématiquent l'espace dont tu disposes. As tu une explication, une manière de rendre compte de cet aspect de ton univers graphique ? C'est juste un style ou une manière de voir le monde ?
En premier lieu c'est une manière de voir le Maniac World (et donc notre monde vu à travers un miroir légèrement déformant) : un univers étouffant, condensé… Il n'y a pas de place libre dans ce monde, chaque cm² doit avoir une utilité : il n'y a plus de place pour les rêves. Ce qui est assez rigolo étant donné que toutes les histoires des maniacs sont aussi insensées que nos rêves les plus fous. Il n'y a pas de temps mort non plus : les maniacs ne dorment jamais. En fait c'est une constante dans ce monde, il n'y pas de vide. Le vide, pour les maniacs, c'est inutile voire dangereux.
Outre cette volonté de retranscrire cette idée de trop-plein, c'est aussi une signature graphique, il ne faut pas mentir. Dans mes toiles c’est quelque chose de vraiment réfléchi et logique mais lorsque je travaille pour un client, lui il se fout de cette règle, ce qu’il veut c’est un style, le style Skwak : il veut qu'il y en ai partout. Donc oui, dans ce cas-là, je remplis en réfléchissant un peu moins que pour mon propre art. Par exemple une cover que j'ai récemment réalisée pour l'agence JESS3 regroupe tout ce que cette compagnie a fait : leurs clients, leur façon de travailler, leurs points forts, leurs manies.. Mais tout cela est jeté avec plus ou moins de logique sur l'écran. C'est dans ces cas-là que cette idée d'étouffement devient ce que l’on peut appeler un style.


En parlant d’écran justement, une grande partie de ton travail se présente sous forme de compositions faites sur ordinateur puis imprimées. Tu n'as pas envie de toucher de la peinture ? Tu ne te sens pas à l'aise avec cette pratique (alors même que quand tu attaques un mur de shop ou de galerie à main levée, le résultat est plutôt concluant) ou tu la trouves simplement non adaptée à ta manière de travailler et à ce que tu veux exprimer ?

J'ai longtemps été gêné de ne pas faire de « vraies toiles » mais maintenant je m'en fous vraiment. D'une part parce que le public est au rendez-vous (mon expo « Born to be a maniac » début 2008 chez Addict a été un gros succès). D’autre part parce que je crois sincèrement que l'art digitale est vraiment une avancée majeure pour l'art contemporain, que ce média est tellement innovant et agréable qu'il serait vraiment idiot de s'en passer. On peut faire des choses tellement folles avec un ordi qu'on ne peut pas faire avec un pinceau… C'est purement français cette idée qu'un artiste doit peindre. Les mentalités sont vraiment difficiles à changer. Mais ça viendra…
Il y a aussi que je suis vraiment dans mon élément quand je dessine sur ma Wacom, c'est naturel. Quand j'ai essayé de peindre, outre le résultat très moyen, je me suis rendu compte que je me forçais. Or je pense que l'art doit être un élan naturel tu vois…
Après, les murs que j'ai fait comme au shop Adidas par exemple, ce n'est pas la même chose. J'y ai pris du plaisir mais c'était plus du dessin automatique sans but, sans volonté d'enrichir le Maniac World. Quand je parle de mon art et de cette volonté, de ce besoin d'utiliser un ordi c'est vraiment dans l'optique de faire évoluer mon monde artistique, et c'est le moyen que j'ai choisi pour m'exprimer. Si ça gêne certains…


Trois t-shirts signés Skwak sortent ce mois ci chez Nekowear. C'est un support sur lequel tu as déjà beaucoup travaillé (pour Qhuit, Levi's, Nike et encore bien d'autres). Tu as un rapport particulier à ce support ou tu bosses juste dessus quand on te le demande gentiment ?
Je bosse quand je trouve ça intéressant. Je veux dire que là on ne parle plus du tout de mon univers artistique, maniacs et tout ce que je veux véhiculer avec ça. Là c'est un mélange entre business et art : je saupoudre d'une pincée de maniac sur ce qu'on me demande de faire dans le cadre d'un vrai contrat de travail. Alors pour certains j'en mets un peu plus parce que je suis plus libre et pour d'autres un peu moins.


Il n'y a pas que les tee-shirts qui de nos jours portent ta signature. On retrouve aussi ton univers sur des pochettes de disque, des Ipod skins, des planches de skate ou des snowboards, des espadrilles (!) ou même des colliers de chien (!!!). J'ai cru comprendre aussi que tu étais en train de bosser sur un projet avec Nestlé. Chaque support te demande une approche spécifique ? Par ailleurs, est-ce juste par pragmatisme - parce qu'il faut bien manger - que tu apposes ton univers sur ce type d'objet ou tu conçois ton style comme étant décoratif ou tout au moins comme pouvant être utilisé à cet effet ?
J'essaie tout ! Et pour moi il n'y a pas de bons et de mauvais projets. Quand le truc me permet de tenter de nouvelles choses je fonce. Je ne touche pas le même public avec les tees Nekos qu'avec le design de Zune ou même qu'avec mes propres toiles. Mais je pense que la diversification des supports n'est pas une mauvaise chose. Certains pensent qu'il faut se contenter d'un certain type de clients, ce n’est pas mon point de vue : je pense sincèrement que je fais un métier où il faut au contraire toucher le plus grand nombre, essayer le plus de choses possibles, s'étendre. L'élitisme, je trouve ça ennuyeux. Je suis illustrateur et j'illustre tout simplement. Après il suffit de faire la différence entre mon métier d'illustrateur et mon métier « d'artiste »... Moi je fais très bien la différence.


Tu exposes la semaine prochaine dans un nouveau lieu lillois, Le Monde moderne (12 rue des 3 couronnes - amis nordistes, courrez-y !). Ce sera l'occasion de découvrir ou de redécouvrir certaines de tes toiles imprimées…
Oui, le Monde moderne sera l'endroit où il faut être ! J'exposerai quelques toiles, rien de nouveau, mais ça permettra aux gens de voir quelques-uns de mes boulots.

Le passage du Maniac World de la 2D à la 3D semble naturel tant ton univers graphique a un aspect ludique. On imaginerait bien aussi ce monde se mettre à bouger, à grouiller. L'animation, ça te tente ?
Oui et ça viendra. Je veux juste trouver le bon moment. Au moment où je te réponds je suis dans le train et je vais sur Paris pour rencontrer un client américain avec lequel j’ai beaucoup de projets… et une animation a déjà été évoquée. C'est un média, une façon de donner vie à mon univers qui me plait plus encore que les toys. Je pense vraiment que c'est la voie que doivent suivre les maniacs. Animation versus vinyl eh eh !


Ton style hyper coloré, très ludique, fait de petits personnages qui, s'ils ont souvent un air menaçant, peuvent aussi à l'occasion revêtir de bonnes tronches sympathiques (comme sur les tee à sortir chez Nekowear), me semblerait tout à fait adapter à l'illustration de livres pour la jeunesse (domaine qui est d'ailleurs, à l'heure actuelle, particulièrement riche de talents). C'est quelque chose que tu envisages, que tu pourrais envisager ou pas du tout ?
Oui bien sûr ! Ça et plein d'autres choses. Je suis ouvert à tout ce qui peut me permettre de m'éclater. En fait une chose est simple : quand je dessine, qu'importe pour qui et pour quoi ; je prends du plaisir (non, pas ce plaisir-là, gros dégueulasse !). Faire des livres pour enfants serait vraiment bien, mais aussi faire un porno mi anim mi réel. Ce serait aussi un projet très intéressant et c'est une idée à laquelle je pense souvent… très souvent. Ca fait une bonne conclusion non ? En tout cas, c’était cool, merci.


Translation by Jeremy Brautman and his mom !

Greetings Skwak. We’ll start with the toy coming out in the Alpha Element series, produced by Artoyz. You chose to tackle the shape of water, an element which agrees perfectly with your ever dripping universe. Does this character represent Maniac World for you?
Hi, Johan! L’Elément Maniac is the form which speaks most to me: I immediately thought of what I could do with it. “Is he part of the Maniac World?” Certainly, all I do is part of my universe. All I do influences Maniac World, and Maniac World influences all I do. To come back to Elément Maniac, what I didn’t know was that he would represent chewing gum. With mint, mes favs, oh sorry. There will also be a super secret version whose ratio is even more rare than the Bwana (Spoons.)…

Can you tell us more about this universe, Maniac World, that you give more and more attention to in each of your productions, that you seem to make more complex, similar to an author of heroic fantasy, always adding finishing touches to his parallel universe?
Maniac World, there so much to say, and I could also summarize it in two words: too much. I’ve been drawing since I’m little, and the maniacs came to me as a fait accompli, because from interview to interview, I know they are there, nearly as if by accident. The shape happened in a bar, probably as I was drinking a beer… The depth, much later. It was something ecological at first. Do you perhaps remember the Koogai, (stitched by hand stuffed animals, first step of Skwak in the world of toys), “polution” in Japanese? This later slipped softly towards a mirror distorting the world about me.
To make it more complex? Non, to enrich it! I’m the Tolkien of illustration! Don’t write that, people will think Im, serious! Seriously, the world of maniacs, I try to give it rules, a kind of coherence in an incoherent world. At first glance, it’s as if my work is made up of chance: a giant mess! But for me, all is organized in this chaos. The stories I tell have a beginning and an end, and a sense of follow through. The characters have personality; they have reference points. So yes, I enrich my universe, my second world, by placing in it new codes and new inhabitants every day.

How does it work, the actual participation in a collective series of mini toys of this type?
There’s nothing crazy, you don’t negotiate for weeks. It’s Artoyz, and it’s special.
I am also participating in other mini series, Shin Tanaka with adFunture. Shin writes me asking if I’m okay. It’s always like this – simple. What’s more complex is the production, the waiting. For example, for this series, I know virtually nothing, but I don’t give a damn!


As I’ve already told you, although I find your incursions into designer toys perfectly thought out and realized, I’m still hungry. There’s a simple reason: your style is intrinsically bound to the idea of accumulating, of many characters and elements, tied to each other, difficult for one person to do. My question: do you share this point of view, would you have any future projects more adequate to this dimension of your work? I’m thinking of a complete series of minis which would evoke this dimension…
Exactly, and here’s the scoop: I am preparing a series of minis from MINDstyle. The prototypes aren’t done yet; they’ve been delayed: the crisis is that the factories have been shutting in China. But a series of mini maniac animals is coming this year (by year’s end) if all is well. Sold blindly, about ten with some rare ones. A real mini series. Lots of color, it’ll hurt the eyes. This project has been ongoing more than a year and a half, I’m on good terms with Jury and Sam, and I didn’t steal their idea. Coincidence.

This is good news, this mini series to come. But to go further, to stay more faithful to the idea of accumulating, growth part of your work, the idea of a model toy itself made up of different characters or of minis associated with each other, doesn’t tempt you?
It’ll never sell! But you’ll say and the love of art? I’m not alone. Toys are a true market. I would like to create completely crazy forms, a series inside each other which form a monster…but it costs a lot, and sells for a lot…To tell the truth, the maniac hasn’t been a great commercial success; the community welcomed it, but the sales didn’t fly off the shelves; (the proof is that I don’t think the color versions initially previewed: there were to be 20 of each in the world: collector!) Why? First toy…a little big! Too expensive…Bad like MINDstyle? I don’t know…Anyway, to be honest, I turned off. I was hoping to transcribe my world, to be totally free, and the market “hit” me…Now, I make toys with some pleasure, to be amused, little winks of the eye to my world (another wink due in 2010 will be an 8-inch Dunny that I am actually preparing for Kidrobot). But I’m not counting on truly developing it.

Let’s stay on this idea of the world which is milling around, an impression of suffocation seems to come through your work, too much, due to the manner in which you systematically fill the space at your disposal. Can you explain this? Is it simply style or the way you see the universe?
First, it is the way to see Maniac World (and therefore our world through a slightly bent mirror): a shrinking, condensed universe…there’s no free space in this world, each square centimeter must have its purpose: no place for dreams. That’s funny because all the maniac stories are as crazy as the wildest dreams. There’s is no down time either. The maniacs never sleep. There’s no vacuum. Emptiness is useless and even dangerous for the maniacs.
Other than the will to retranscribe this idea of too fullness, it’s also a graphic signature, I won’t lie. On my canvases, it’s logical and reflective, but when I work for a client, he doesn’t give a damn about this rule, he wants Skwak style: he wants all things everywhere. So yes, in this case, I fill the canvas with somewhat less reflection than for my own art. For example, a cover I recently did for the Jess3 Agency, put together all the company had done: their clients, their way of working, their strong points, their manias…But it’s all thrown more or less logically on the screen. This is why the idea of suffocation has become what you would call style.

Since you are speaking of the monitor, a great part of your work is presented in the form of compositions done on the computer then printed. Do you ever want to paint? Are you not comfortable with this procedure (even though when you begin a shop wall or gallery, the result is rather conclusive), or do you find it simply not adapted to your style of work, and to what you want to express?
For a long time I was embarrassed to not do real canvases, but now I don’t give a damn. For one reason, the public is on my side (my show “Born to be a Maniac” was a great success.) On the other hand, I believe sincerely that digitalized art is truly a major advance for modern art, that this medium is so innovative and pleasant that it would be folly to not use it. You can do such crazy things with a computer that you can’t do with a brush…It is strictly French, the idea that an artist must paint. Mental outlooks are hard to change. But it will happen…
It’s also that I am happiest when I design on my Wacom. When I tried to paint, I found the outcome mediocre, and I was forcing myself. And I think art needs to be natural…
After the walls I did like at the Adidas store, it’s not the same. I took pleasure in it, but it was rote, without a goal, no will to enrich Maniac World. When I speak of my art, and of this will, of this need to use a computer, it is with the desire to evolve my artistic world, and this is the means I choose to express myself. If it bothers some…

Three T-Shirts designed by Skwak are coming out this month at Nekowear. This is something you have worked a great deal on. Are you strongly connected with this project or do you just work on it when asked nicely?
I work when I find something interesting. I have to say that this is not my artistic universe, maniacs and all I want to work with. It’s a mix of business and art: I add a pinch of maniacs into my work contract. For some a bit more than others.

It isn’t just the T-shirts that have your design. We can see your work on CD covers, iPod protectors, skate boards and snow boards, even espadrilles or dog collars! I understand you are even doing a project for Nestlé. Does each one demand a specific approach? Or is it just practical because you have to eat – that you place your point of view on this type of object , or you conceive that your style can be decorative or at least used for whatever effect necessary?
I’ll try everything! There are no good/bad projects. When the thing allows me to try new things I take the plunge. I’m not aiming at the same audience when I do Nekos, Zune, or my own canvases. Diversification is a good thing. Some feel they should content themselves with one type of client, that’s not my point of view: I feel my job is to reach as many as possible, to try as much as possible, to extend myself. I find elitism boring. I’m an illustrator and that’s what I do.

You are having a show next week in a new spot in Lille, le Monde Moderne. This will be an opportunity to discover or rediscover certain of your printed works.
Yes, Le Monde Moderne is where you should be ! I will show some canvases, nothing new, but it will permit people to see some of my work.

The passage of Maniac World from 2 D to 3 D seems natural, as your graphic universe has a playful aspect to it. Does animation tempt you, as we can imagine your world taking motion?
Yes, and it will come. I have to find the right time. As I am answering you now, I am in the train and I am going to Paris to meet an American client with whom I have many projects…and one of them is an animation. It’s a medium, a way for me to give my universe life which pleases me even more than toys. I think this is the way for the maniacs to go. Animation vs. vinyl!

Your over-the-top style of color, playfulness, made up of little characters, whose mugs are either menacing or sympathetic, would seem to me completely able to be adapted to childrens’ books – an area filled with talent. Is this something you could see yourself involved with, or not at all?
Yes! That and many other things. I am open to anything that broadens my world. One thing: when I draw, for anyone and for any reason, I enjoy. To make children’s books would be wonderful, but also do a porno, half animated, half real. This too would be an interesting project, and one I think of very often. That would be a great ending, no? Thanks.
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mardi 10 mars 2009

"Le hasard est la liberté des choses"

Je n'ai pas pour habitude de citer Paul Valéry. C'est pourtant à lui que j'ai pensé en faisant la semaine dernière une petite promenade au coeur des nouveautés mises en ligne récemment sur mes sites internet de prédilection.


LeWUB annonce le décès de Franciszek Starowieyski, un des principaux représentants de la grande école des affichistes polonais. En guise d'illustration de cet article nécrologique, LeWUB a judicieusement choisi l'affiche réalisée par Starowieyski à l'occasion de la sortie polonaise du film de Bunuel "Le charme discret de la bourgeoisie".


Site suivant, celui de la revue Juxtapoz. La traditionnelle rubrique "Reader Art" présente le travail d'un certain Brian R. Williams. L'illustration choisie s'intitule "The Chick" et est issue d'une série de dessins datant de 2007 : "The Fowl fraternity"...
 
"Le hasard est la liberté des choses" donc.

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lundi 9 mars 2009

Albert Foolmoon, "DSC03850" (Editions du Lézard actif)


Encore une nouvelle production des éditions du Lézard actif, encore un fanzine signé Albert Foolmoon, encore un travail photographique... L'histoire se répète ? En fait pas vraiment. De une parce que "DSC03850" n'a rien à voir dans sa forme ni dans son contenu avec "The wall are the publishers of the poor", précédemment chroniqué sur SCS. De deux parce que Foolmoon annonce d'ores et déjà que sa prochaine production laissera cette fois la part belle à son talent graphique. On s'en réjouit et on en revient à "DSC03850".


Soit une collection de photographies dont Foolmoon n'est pas l'auteur et qu'il s'est approprié sans vergogne de manière à les faire dialoguer entre elles selon le principe du marabout-bout-de-ficelle.

Ca ne vous dit rien ? Souvenez-vous un instant des jeux et autres comptines de votre enfance : l'un dit "Marabout", l'autre répond "Bout de ficelle", le premier rétorque "Selle de cheval" et ainsi de suite... Je n'en suis plus très sur mais je ne serais pas plus étonné que ça d'apprendre que Breton, Soupault et consorts se soient eux aussi, en leur temps, adonnés à ce jeu capable d'ouvrir les portes de notre inconscient.


Sauf que là, ce ne sont pas les mots que Foolmoon fait dialoguer entre eux, mais les images, plus précisément les photographies. Sur un cliché, un bras dépasse d'une portière de voiture ; au second plan la route est altérée par la mise au point faite sur le bras statique et offre ainsi l'impression de mouvement à l'ensemble. En dessous, une autre photo nous présente un biker et sa dame chevauchant leur bécane américaine ; à nouveau la route, au second plan, bien que figée par la prise de vue, semble défiler sous nos yeux. Page suivante, un courreur fait son jogging sur une route déserte en tenue de sport. L'image du dessous nous montre une paire de tennis à trois bandes. J'arrête là ?

Pour être riche d'intérêt et ludique à la fois, la démarche n'est pas complètement nouvelle. Dans "Le marabout douchynois" (2008, ed. Documentation Céline Duval, ville de Douchy, Centre Régional de la Photographie) Céline Duval avait appliqué le même procédé. Après avoir rendu visite aux habitants de Douchy-les-Mines (dans le Nord de la France, ça va sans dire) et fouillé avec eux dans leurs albums de famille, elle avait sélectionné et mis en page une centaine de ces photographies, les reliants entre elles par des éléments communs : une bouche pleine de chocolat, un balais, un ballon, etc.
La brochure ainsi obtenue, éditée à 4000 exemplaires, proposait de la sorte un portrait atypique, à la fois touchant et amusant, de la commune et de ses habitants.


S'il partage avec "Le marabout douchynois" le même procédé, "DSC03850" n'a pourtant pas le même objectif. Toutes les photographies figurant dans ce fanzine sont en effet issues d'internet. Non créditées et donc tout à fait anonymes, elles ne partagent entre elles aucun autre lien que des éléments anecdotiques communs et... le nom (ou plutôt le code) que leur a automatiquement assigné l'appareil photo numérique avec lequel elles ont été prises : DSC03850.

Cet intelligent travail sur l'arbitraire ouvre ainsi plusieurs pistes de réflexions connexes : qu'est-ce qu'une image publique ? Est publique ce qui peut de fait être vu de tous ou ce qui a été publié à cet effet ? L'anonymat est-il garanti par l'absence du nom de l'auteur ? Est-on vraiment l'auteur de quelque chose qui n'a objectivement pas d'autre intérêt que son utilisation postérieure en vue d'un objectif autre ? Un visage peut-il être à proprement parler anonyme ?

Edité à 100 exemplaires, "DSC03850" est disponible sur le site des Editions du Lézard (décidément bien) Actif.
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vendredi 6 mars 2009

Google Art


Google, société créée par Larry Page et Sergey Brin en 1998, semble aujourd'hui régner presque sans partage sur le monde de l'internet.
A l'heure de la main mise de la toile sur nos modes de vie, on cherche Google, on maile Google, on tchate Google, on se situe Google, on stocke ses données Google, on blogue Google (pas plus loin qu'ici même), on lit Google... A ce titre, Google nourrit aussi bien nos phobies que nos fantasmes.

Derrière le logotype de Google à la typo proprète et légèrement surannée se cacherait un de ces empires dont on attendrait à peu près tout et dont on aurait en conséquence tout à craindre...
Rien d'étonnant, dans ces conditions, que des artites se penchent aujourd'hui sur le cas Google. Au demeurant, la chose n'est pas nouvelle.


Déjà en 2006, un collectif d'artistes anonymes (mais précisément, avec Google, l'anonymat n'est plus de ce monde : on sait en effet aujourd'hui que ce collectif réunissait Raphaël Denis, Charles Pépiot, Adrien Lécuru, Gabriel Léger et Martin Gautron) se penchait sur le cas de cette société emblématique de la Silicon Valley. Il proposait en effet, à la galerie Kamchatka (Paris), une oeuvre collective intitulée "Google : art, acte 1".

L'installation, consistant en un vaste papier-peint réunissant la reproduction de quelques 6000 tableaux représentant la réponse - d'autant plus monstrueuse que partielle - du fameux moteur de recherche à la requête "art", donnait à réfléchir aussi bien sur la saturation d'images propres à l'internet que sur la manière dont l'esthète du XXIème siècle est le plus souvent confronté aux oeuvres d'art (à savoir sous forme de reproductions numériques de faible qualité et totalement décontextualisées).


Trois ans plus tard, Google reste un sujet de réflexion privilégié pour les artistes de tout crin. En témoigne notamment le nouveau site de Zevs mis en ligne il y a quelques semaines. Celui-ci est, dans son ensemble, un vaste et amusant détournement du moteur de recherche au nombre infini de O : le logotype Google dégouline sur la page d'accueil, la circulation sur les différentes pages du site se fait via une interface et une esthétique identique à celle de Google Image, la traditionnelle page de liens prend la forme d'un résultat de recherche Google...


En agissant de la sorte, l'artiste contemporain au background street art ne se contente pas de mettre en ligne une forme de canular dont la toile est si friande, il inclut ainsi son propre site internet dans sa démarche artistique laquelle compte, parmi ses modus operandis de prédilection, les "Liquidated logos" au même titre que les "graffitis propres" (graffiti au kärcher sur surface encrassée) ou encore que les "attaques visuelles" (ajout d'impacts de balles et de sang sur les affiches publicitaires).

Autre artiste s'étant penché ces derniers temps sur le cas Google, Filippo Minelli a parcouru une bonne partie du globe (France, Mongolie, Espagne, USA, Chine...) à la recherche de lieux, de paysages, de situations susceptibles selon lui d'entrer en résonance avec certains stickers de sa fabrication. Ceux-ci reprennent à l'identique le logo Google mais font figurer en dessous de celui-ci des thématiques comme autant de subdivisions imaginaires du moteur de recherche (à la manière de Google Earth, Google Image, etc.).
"Google Famine" est ainsi collé sur un panneau planté au milieu d'un champs de maïs, "Google Answers" se retrouvant quant à lui apposé sur un prie-dieu de Notre Dame...


L'artiste italien se réclamant autant de l'art conceptuel que du graffiti poursuit ainsi sa démarche se signalant plus par son interaction souvent très bien pensée avec l'environnement dans lequel il intervient que pour ses qualités plastiques intrinsèques, volontairement reléguées au second plan.

Où l'on voit que les rapports de Google à l'art sont bien plus intéressants lorsque c'est la marque qui se trouve être prise, à son corps défendant, comme sujet de créations artistiques que quand elle tente un peu vainement d'utiliser à son avantage le talent d'artistes de renom tels que Pollock ou Koons...
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lundi 2 mars 2009

Des entrailles plein les yeux (suite)


Quand je constatais ici même en octobre 2008 que les écorchés profitaient, en bien des domaines, d'une certaine vague d'intérêt, j'étais loin d'imaginer que cette vague se transformerait en véritable lame de fond et que cet article se verrait adjoindre une suite à peine quelques mois plus tard.
Et pourtant, en matière de jouet d'artiste, il semble bien que le principe de l'écorché ait de beaux jours devant lui.

Kaws et la firme japonaise Medicom viennent en effet de commercialiser, le 28 février dernier, un jouet fantasmé depuis longtemps par les inconditionnels de l'artiste : le Be@brick Dissected, soit la fusion entre deux pièces bien connues de Kaws (le Companion 5 Years Later Dissected et son premier Be@rbrick produit en 2002).

Même si la surprise est agréable, on aurait sans doute pu espérer mieux pour cette production tant attendue. Par exemple, les parties anatomiques auraient pu apparaître par transparence par le biais d'un vinyl clear, comme pour le Bearbrick Dr. Romanelli sorti l'année dernière. Mieux encore, ces mêmes entrailles auraient pu, comme sur le Companion Dissected, apparaître en relief. Mais visiblement Medicom n'avait ni envie de faire dans la redite, ni la volonté de modifier pour l'occasion le shape de son ourson fétiche. Au final donc, les Be@brick Dissected 100, 400 et 1000 % se contentent d'un hommage un peu plat au Companion Dissected via une simple impression des entrailles sur le shape original.


Apparaissant quelques jours à peine après l'annonce du Be@rbrick Dissected, le projet de Qee Anatomy par Toy2r est bien entendu reçu par le microcosme designer toys avec une certaine ironie. Celle-ci est sans doute à mettre, pour une bonne part, sur le compte de la déception suscitée depuis pas mal de temps déjà par le manque d'originalité de l'ensemble des productions de la firme chinoise.

Ce serait pourtant faire un mauvais procès à Raymond Choy que de se le représenter en mauvais élève pompant les bonnes idées du premier de la classe par dessus son épaule.

Premièrement parce que Toy2r fut peut-être la première entreprise productrice de jouets d'artiste à commercialiser son platform toy dans une version écorchée. Les amateurs du genre se souviennent sans doute du Qee Visible Dog de Run, produit en 2004.


Deuxièmement parce que Jason Freeny, l'artiste qui propose cette nouvelle interprétation anatomique du Qee, travaille sur le thème des jouets version écorchée depuis un certain temps déjà, comme en témoignent les différents travaux visibles sur son site internet, lesquels font systématiquement apparaître squelette et entrailles imaginaires de Dunny, Lego, Qee, ours en peluche et autre chien en ballons de baudruche...

Enfin, quoi qu'il en soit de la paternité de cette idée - laquelle découle plus sûrement des jouets à vocation pédagogique des années 60 que des designer toys -, il n'est pas inintéressant de noter que Toy2r semble décidé, pour cette production annoncée pour 2010, à jouer pleinement le jeu en ne se contentant pas d'imprimer simplement les organes sur le vinyl mais en envisageant d'inclure ces mêmes organes en modules 3D dans le moulage en vinyl transparent du Qee.

L'innovation prend décidément parfois des chemins détournés : on l'imagine venir d'un côté, elle déboule de l'autre...

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