mardi 10 novembre 2009

Report : Jim Houser "Make room for the emptiness" à la Jonathan LeVine Gallery (New York, jusqu'au 21 novembre)


Le galliériste Jonathan LeVine est du genre insatiable. Sans doute trouvait-il insuffisant d'accueillir le 24 octobre dernier l'exposition collective "True Self". Il n'y avait là somme toute que quelques 40 artistes à exposer de telle sorte que sur les trois espaces distincts composant sa galerie, seuls deux d'entre eux étaient occupés...
Aussi propose-t-il en parallèle (et suivant le même calendrier, soit du 24 octobre au 21 novembre) une seconde exposition consacrée cette fois au seul travail de Jim Houser.

Originaire de Philadelphie, Jim Houser est un artiste aux multiples talents mêlant intelligemment peinture, sculpture et musique composé par ses soins.
"Make room for the emptiness" - sa troisième exposition solo chez Jonathan Levine - se présente donc sous la forme d'une installation globale dans laquelle peintures sur bois et sur toile, impressions, objets divers, sculptures et musique permettent au visiteur d'entrer dans l'espace clôt qui leur est consacré comme s'il pénétrait dans l'esprit de l'artiste.


L'espace investi par Houser se visite ainsi comme on découvre un journal intime à cette différence prêt que c'est ici le corps entier du visiteur/voyeur qui est mis à contribution. Chacun des éléments de cette installation peut être perçu comme relatant tel ou tel état d'âme, telle ou telle sensation vécue par Jim Houser de telle sorte que si l'ensemble a bel et bien la cohérence d'une existence singulière il n'en demeure pas moins que le journal extime qui est ainsi proposé s'apparente plus à une liste de faits vécus qu'à une narration à la première personne. C'est dire que l'impression de patchwork qui en découle, loin de faire obstacle à une juste compréhension du propos en est plutôt le postulat : chaque moment d'une vie peut être perçu indépendamment des autres moments avec lesquels il s'articule afin de former la trame générale de l'existence.

Au demeurant l'espace clôt de la galerie, conçu ici comme une chambre - voire une cellule - tout comme le style de l'artiste mêlant caractères typographiques, patterns, éléments figuratifs, le tout en utilisant une palette chromatique aussi réduite que reconnaissable entre toutes, font ici office de signature comme pour mieux souligner le caractère singulier de l'expérience qui est ainsi donnée à partager.

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