
J’avais prévu d’aller assez rapidement visiter l’exposition « Alexandre Calder, les années parisiennes » du Centre Pompidou et de profiter de cette occasion pour partager mon sentiment – enthousiaste, c’est le moins que je puisse dire – concernant son petit cirque, découvert il y a quelque temps déjà grâce à l’excellent film que lui a consacré Carlos Vilardebo en 1961 (disponible en DVD chez Les Films du paradoxe). Finalement je n’ai toujours pas visité cette exposition et ne suis même pas certain d’en avoir l’occasion avant qu’elle ne ferme ses portes le 20 juillet prochain.
Quand Vince m’a proposé de s’inviter une nouvelle fois sur Some Cool Stuff pour faire part de son expérience – et de celle son fils - à la découverte de la dite exposition, je n’ai donc pas hésité un seul instant.
Cherchez le mobile …
1931, Alexander Calder est fasciné par le travail de Piet Mondrian. Il abandonne la sculpture figurative en fil de fer qu’il pratique depuis 1926 et se consacre à un langage sculptural abstrait. L’année suivante, il expose les premières sculptures issues de cette nouvelle démarche. Marcel Duchamp les qualifiera alors de mobiles.
2009, un enfant de 3 ans et demi découvre ces formes aux déplacements lents et gracieux en apesanteur dans les grands espaces blancs du centre Pompidou et va avoir l’opportunité, grâce à des ateliers d’une rare intelligence ludico-pédagogique, de s’approprier le travail d’une des figures majeures de l’art du XXème siècle.
Mon récit débute au moment où se terminent habituellement les comptes rendus d’exposition, au moment précis où nous avons passé la porte de sortie de l’exposition Calder, ou plus exactement la porte de sortie de l’inévitable boutique façon Disneyland (bon, j’exagère un peu, mais quand je suis mal luné, c’est a cela que ça me fait penser) des expos Calder et Kandinsky.
Un dimanche ensoleillé de juin. 12h13. Ouvert depuis un peu plus d’une heure, Beaubourg est une fourmilière. Des milliers de visiteurs arpentent les mythiques et panoramiques escalators en façade, pour se rendre aux deux expositions à succès (mérité) encore visibles pour quelques semaines en ces lieux : les rétrospectives Calder et Kandinsky.
Nous sommes donc à contre sens, puisque nous venons de terminer la visite de l’exposition Alexander Calder, les années parisiennes 1926-1933 et que nous ne retournons pas faire la queue pour la conséquente exposition Kandinsky grâce à un passe annuel salvateur qui nous permet de passer quand bon nous semble admirer la collection du Centre ainsi que ses magnifiques expositions temporaires. En longeant la longue file d’attente sous la verrière non climatisée, nous nous disons que nous avons de la chance. D’abord parce que passé 11h30 la queue qui s’étend à l’entrée commune des deux expositions à de quoi désespérer les plus courageux des amateurs d’art dominicaux et matinaux. Mais ce qui nous remplit plus particulièrement de bonheur, c’est l’exposition à laquelle nous venons d’assister. Que de merveilles et de grâce dans le travail de Calder.

Nous descendons donc l’escalator en débriefant joyeusement, le cœur plein de cet enthousiasme que procure un pur moment de magie. La joie également d’avoir pu partager cela avec un enfant qu’un cirque, un lion, un singe, un éléphant, une tenniswoman et des mobiles abstraits et colorés (entre autres) ont fasciné au plus haut point.
(Ici je dois m’interrompre un instant pour m’adresser aux personnes que mon article sur la récente exposition de Dalek ont agacées parce qu’il était principalement question des aventures de mon fils. Je vous conseille amicalement de relire un des autres posts de l’excellent blog que vous êtes actuellement entrain de parcourir plutôt que de perdre plus de temps devant cette modeste prose. En effet, comme vous le sentez sûrement venir, il va à nouveau être question de la perception de l’art par les enfants et de sujets du genre « comment transmettre le goût de l’art aux plus jeunes sans qu’ils aient l’impression d’être à l’école, forcés d’apprendre l’art poussiéreux et officiel du vieux manuel scolaire de leurs parents ? »).
Reprenons. Nous descendions donc les escalators, pensant avoir bien mis à profit notre matinée. Et c’est en bas des dits escalators, dans la nef principale au cœur du grand bâtiment, que les choses ont basculé. Ou plus exactement, qu’elles ont pris une toute autre dimension.
N’y allons pas par quatre chemins : la Galerie des enfants du centre Pompidou est un espace tout simplement magique. A cette heure de la journée, il n’y avait aucune animation en cours. Toutefois, les ateliers étaient en place et quelques familles avaient investi les deux pièces de cet « espace de sensibilisation ». L’objectif de ces ateliers est (je cite) de « permettre aux enfants d'expérimenter et d'aborder différentes problématiques du langage plastique de l'artiste : l'équilibre, le mouvement, la ligne, l'espace, l'utilisation de matériaux simples et industriels ».
En pratique, me direz-vous, ça consiste en quoi ? Eh bien, faire son propre mobile dans le plus pur style Calder par exemple ! Tout est à disposition : des tiges de plusieurs longueurs avec un centre de gravité mobile, des pieds métalliques pour poser les mobiles et des formes géométriques en mousse qui évoquent de grands médiators rouges, jaunes, bleus et blancs. Débute alors une séance épique de créativité joyeusement débridée où le but va être de réaliser le mobile le plus gracieux, le plus complexe et bien sûr le mieux équilibré possible. En effet, à l’ajout de chaque niveau de complexité, il faudra rééquilibrer entièrement l’ensemble pour que le mobile conserve sa grâce aérienne.

L’enfant va ainsi manipuler et agencer chaque élément, puis faire tourner tout ou partie du mobile, pour le regarder évoluer et observer sur le sol les ombres mouvantes de sa création, comme quelques instants plus tôt il avait découvert sur les murs et le sol de la salle d’exposition les ombres des créations du maître. Les organisateurs des ateliers ont également mis à disposition des jeunes créateurs une ingénieuse installation faisant office de studio photo, permettant de prendre une série de prises de vue qui s’affichent séquentiellement sur trois écrans différents afin d’admirer sous tous les angles le mobile ainsi créé.
Après une heure consacrée aux ateliers, à faire des jeux de montage et d’équilibre, à manipuler des mécanismes ou des fils de fer ou à essayer de faire le dessin le plus complexe possible sans lever le crayon, nous avons quitté Beaubourg. Et je sais que mon fils n’oubliera jamais l’œuvre de Calder.
2009, un enfant de 3 ans et demi découvre ces formes aux déplacements lents et gracieux en apesanteur dans les grands espaces blancs du centre Pompidou et va avoir l’opportunité, grâce à des ateliers d’une rare intelligence ludico-pédagogique, de s’approprier le travail d’une des figures majeures de l’art du XXème siècle.
Mon récit débute au moment où se terminent habituellement les comptes rendus d’exposition, au moment précis où nous avons passé la porte de sortie de l’exposition Calder, ou plus exactement la porte de sortie de l’inévitable boutique façon Disneyland (bon, j’exagère un peu, mais quand je suis mal luné, c’est a cela que ça me fait penser) des expos Calder et Kandinsky.
Un dimanche ensoleillé de juin. 12h13. Ouvert depuis un peu plus d’une heure, Beaubourg est une fourmilière. Des milliers de visiteurs arpentent les mythiques et panoramiques escalators en façade, pour se rendre aux deux expositions à succès (mérité) encore visibles pour quelques semaines en ces lieux : les rétrospectives Calder et Kandinsky.
Nous sommes donc à contre sens, puisque nous venons de terminer la visite de l’exposition Alexander Calder, les années parisiennes 1926-1933 et que nous ne retournons pas faire la queue pour la conséquente exposition Kandinsky grâce à un passe annuel salvateur qui nous permet de passer quand bon nous semble admirer la collection du Centre ainsi que ses magnifiques expositions temporaires. En longeant la longue file d’attente sous la verrière non climatisée, nous nous disons que nous avons de la chance. D’abord parce que passé 11h30 la queue qui s’étend à l’entrée commune des deux expositions à de quoi désespérer les plus courageux des amateurs d’art dominicaux et matinaux. Mais ce qui nous remplit plus particulièrement de bonheur, c’est l’exposition à laquelle nous venons d’assister. Que de merveilles et de grâce dans le travail de Calder.

Nous descendons donc l’escalator en débriefant joyeusement, le cœur plein de cet enthousiasme que procure un pur moment de magie. La joie également d’avoir pu partager cela avec un enfant qu’un cirque, un lion, un singe, un éléphant, une tenniswoman et des mobiles abstraits et colorés (entre autres) ont fasciné au plus haut point.
(Ici je dois m’interrompre un instant pour m’adresser aux personnes que mon article sur la récente exposition de Dalek ont agacées parce qu’il était principalement question des aventures de mon fils. Je vous conseille amicalement de relire un des autres posts de l’excellent blog que vous êtes actuellement entrain de parcourir plutôt que de perdre plus de temps devant cette modeste prose. En effet, comme vous le sentez sûrement venir, il va à nouveau être question de la perception de l’art par les enfants et de sujets du genre « comment transmettre le goût de l’art aux plus jeunes sans qu’ils aient l’impression d’être à l’école, forcés d’apprendre l’art poussiéreux et officiel du vieux manuel scolaire de leurs parents ? »).
Reprenons. Nous descendions donc les escalators, pensant avoir bien mis à profit notre matinée. Et c’est en bas des dits escalators, dans la nef principale au cœur du grand bâtiment, que les choses ont basculé. Ou plus exactement, qu’elles ont pris une toute autre dimension.
N’y allons pas par quatre chemins : la Galerie des enfants du centre Pompidou est un espace tout simplement magique. A cette heure de la journée, il n’y avait aucune animation en cours. Toutefois, les ateliers étaient en place et quelques familles avaient investi les deux pièces de cet « espace de sensibilisation ». L’objectif de ces ateliers est (je cite) de « permettre aux enfants d'expérimenter et d'aborder différentes problématiques du langage plastique de l'artiste : l'équilibre, le mouvement, la ligne, l'espace, l'utilisation de matériaux simples et industriels ».
En pratique, me direz-vous, ça consiste en quoi ? Eh bien, faire son propre mobile dans le plus pur style Calder par exemple ! Tout est à disposition : des tiges de plusieurs longueurs avec un centre de gravité mobile, des pieds métalliques pour poser les mobiles et des formes géométriques en mousse qui évoquent de grands médiators rouges, jaunes, bleus et blancs. Débute alors une séance épique de créativité joyeusement débridée où le but va être de réaliser le mobile le plus gracieux, le plus complexe et bien sûr le mieux équilibré possible. En effet, à l’ajout de chaque niveau de complexité, il faudra rééquilibrer entièrement l’ensemble pour que le mobile conserve sa grâce aérienne.

L’enfant va ainsi manipuler et agencer chaque élément, puis faire tourner tout ou partie du mobile, pour le regarder évoluer et observer sur le sol les ombres mouvantes de sa création, comme quelques instants plus tôt il avait découvert sur les murs et le sol de la salle d’exposition les ombres des créations du maître. Les organisateurs des ateliers ont également mis à disposition des jeunes créateurs une ingénieuse installation faisant office de studio photo, permettant de prendre une série de prises de vue qui s’affichent séquentiellement sur trois écrans différents afin d’admirer sous tous les angles le mobile ainsi créé.
Après une heure consacrée aux ateliers, à faire des jeux de montage et d’équilibre, à manipuler des mécanismes ou des fils de fer ou à essayer de faire le dessin le plus complexe possible sans lever le crayon, nous avons quitté Beaubourg. Et je sais que mon fils n’oubliera jamais l’œuvre de Calder.

Roh ben moi je dis ça donne envie d'aller voir cette expo (malgré des études d'art, je suis une traumatisée des livres poussiéreux et ennuyeux alors les grands noms de l'art me font souvent peur) et pis surtout je passerai par l'atelier des enfants !!
RépondreSupprimerL'atelier des enfants est mon passage obligé au centre (surtout quand je veux ne pas me ruiner à la librairie aie aie) et franchement je salue le travail des responsables de cette partie du musée même s'il faudrait ptet renommer l'endroit car j'y croise souvent plus d'adultes que d'enfants (en meme temps je ne suis pas une fan des musées le mercredi après-midi)
Chouette article !
Cet enfant a bien de la chance!
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