mercredi 1 avril 2009

A propos de Hush, de "Veiled beauty", de "Hush sketchbook"... et de Yann Kempen


Alors que son exposition "Hymn to beauty" à la Carmichael Gallery de Los Angeles vient de s'achever, l'artiste britannique Hush présentera de nouveaux travaux à l'occasion de celle que lui propose cette fois la galerie Fifty24SF de San Francisco du 02 au 26 avril prochain : "Veiled Beauty".


Fortement marqué par l'esthétique manga et anime en provenance d'Asie (il a travaillé pendant quelques années dans l'industrie du jouet à Hong-Kong), Hush peuple ses compositions de personnages principalement féminins directement issus de cette culture. A cet égard, on pourrait le comparer à son alter ego français Yann Kempen dont nous vous entretenions ici-même pas plus tard qu'en février dernier. La comparaison entre les deux artistes s'impose d'autant plus lorsque l'on découvre que tous deux aiment à se pencher, lorsqu'ils délaissent pour un temps cette thématique commune, sur une certaine esthétique publicitaire suranéee (cf. l'exposition Jean Mineur de Yann Kempen en 2006 et les travaux de la série "Fantasies for naughty boys" de Hush).


Bien qu'intéressante, l'analogie entre les deux démarches artistiques s'arrête pourtant là tant les modes opératoires comme les objectifs visés sont distincts. Quand Kempen s'ingénie à traiter ses personnages sur un mode ouvertement distinct de celui de leur mode de production traditionnelle (châssis épais, toile et multiples couches de peinture versus impression noir et blanc sur papier journal), Hush joue quant à lui la carte de la fidélité aux origines puisque ses personnages sont simplement dessinés sur papier avant d'être collés sur toile ou sur mur selon le support choisi. En outre, alors que Kempen se plaît à revendiquer l'emprunt des personnages qui peuplent ses créations aux mangakas japonais, Hush assume quant à lui la paternité de ses sujets ce qui, ceci dit en passant, est finalement assez étonnant si l'on veut bien admettre que chez lui comme chez Kempen c'est plus le stéréotype représenté par le personnage choisi que son hypothétique singularité qui est l'objet de la démarche.


Puisqu'il est question de démarche, la distinction entre celle de Kempen et celle de Hush pourrait être présentée de la sorte : d'un côté une logique de mariage sinon de fusion (mariage des techniques multi-séculaires de la peinture - notamment celle de l'icône religieuse - avec l'esthétique pop contemporaine), de l'autre une logique de la confrontation. Car c'est bien au spectacle d'une confrontation que les oeuvres de Hush nous convie : confrontation entre esthétiques asiatique et occidentale, confrontation aussi entre une certaine esthétique de la profusion dont les murs graffés sont un témoignage visiblement particulièrement goûté par l'artiste et la ligne claire de laquelle sont tracés les principaux protagonistes sur ce fond.


C'est bien entendu de cette rencontre sous forme de confrontation, tout comme de l'articulation des différents médiums utilisés (dessin, collage, stencil, peinture à la bombe et au pinceau...), que naît tout le charme des compositions de Hush. D'où une certaine surprise en apprenant que le livre que King Adz s'apprête à consacrer à l'artiste (en mai prochain chez Thames & Hudson) devrait s'intituler Hush Sketchbook. Espérons en effet que cette première monographie sur Hush ne se contente de présenter ses seuls croquis et que l'approche proposée soit plus globale que le titre ne le laisse entendre.

1 commentaires:

  1. Trés bon article, et une belle découverte pour moi.

    Merci

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