vendredi 10 avril 2009

Exposition Gary Taxali à New-York : où il est question de papier, encore de papier, toujours de papier... mais aussi de bronze et de vinyle.

A l'occasion de sa première exposition personnelle à New York ("Hindi love song" à la Jonathan Levine Gallery du 04 avril au 02 mai), Gary Taxali présente de nouveaux travaux sur bois, sur métal et sur papier, principalement sur papier. Le plus souvent du papier de récupération, plus précisément du papier déjà imprimé, en l'occurrence principalement des pages jaunies issus de livres glanés ça et là...


Cette véritable passion pour la chose imprimée ne s'affirme pas uniquement à travers le choix de ce support. La manière dont Taxali se l'approprie est elle aussi marquée du sceau de la bibliophilie : aux interventions à main levée (à l'encre, à l'acrylique, à la gouache...) s'ajoutent en effet différents modes d'impressions tel que le tampon encreur faisant office de signature et la sérigraphie. Le résultat se présente ainsi le plus souvent sous la forme de pages défraîchies sur lesquelles se superposent différentes strates d'impressions et de notes manuscrites de telle sorte que Taxali semble partager de bon coeur la paternité des oeuvres présentées avec les éditeurs, illustrateurs et autres annotateurs des documents sur lesquels il travaille.


Pour autant, la notion de co-auteur serait ici exagérée. Si le travail des différents intervenants successifs (du papetier au lecteur) donne au support choisi la texture comme l'apparence de la toile de fond sur laquelle Taxali peut poser son univers et le faire entrer en dialogue avec ce qui lui préexiste et qui continue à apparaître par transparence, c'est quand même bien à cette ultime intervention que les oeuvres présentées actuellement à la Jonathan Levine Gallery doivent leur singularité.

A cet égard, les personnages présentés - car Taxali est avant tout un character designer de génie -, qu'ils soient tracés à la main ou qu'ils apparaissent par le biais de larges aplats d'encre imprimée aux couleurs passées, témoignent eux-mêmes de l'intérêt de leur créateur pour une certaine esthétique que l'on pourrait qualifier d'anachronique tant elle évoque celle des publicités anciennes et des vieux illustrés.


Dans ces conditions, pour cet inconditionnel de la chose imprimée qu'est Taxali (précisons à cet égard qu'il officie déjà pour de nombreux éditeurs qui utilisent ces illustrations en guise de couverture), le passage au livre semble s'imposer. C'est donc sans surprise mais avec un réel bonheur que l'on apprend aujourd'hui qu'il s'apprête à sortir son premier ouvrage. Album illustré pour la jeunesse dont Taxali signe à la fois le texte et les dessins, "This is silly" devrait être édité chez Scolastic en 2010.

Concernant cette autre prolongation naturelle (selon ses propres dires) de son univers graphique qu'est la production de jouets en vinyle, Taxali n'annonce aujourd'hui aucune nouveauté à venir. Cependant, si l'on veut bien considérer qu'il a par le passé créé sa propre maison de production de jouets (Chump Toys) sous le label de laquelle il a commercialisé aussi bien son Toy Monkey (en 2005) qu'Oh No et Oh Oh (en 2008) et que par ailleurs il présente actuellement dans le cadre de son exposition new-yorkaise un superbe bronze ("Totally repugnant/Immensely appetizing") offrant ainsi une existence 3D à un autre de ses personnages bien connus, peut-être est-on en droit d'espérer que celui-ci voit prochainement le jour sous forme de figurine vinyle. C'est en tout cas tout ce qu'on peut lui, et nous, souhaiter...

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