
Posons les choses tout de suite, au risque de faire hurler les puristes, je ne suis pas allé hier soir à la galerie Magda Danysz pour Mike Giant …
En fait, son travail ne m’intéresse pas plus que ça. Je ne suis pas issu de la culture skate/tatoo, et tout comme hier soir les gros bras tatoués n’étaient là que pour son travail, moi, je n’étais là que pour celui de Dalek. Bien sur, je ne suis pas aveugle et plutôt curieux : j’ai donc apprécié le trait très particulier de Mike, le travail du noir et blanc et surtout ses courbes un peu art nouveau (un de mes pêchés mignons) pour figurer les cheveux de ces dames…
Mais c’est bel et bien pour Dalek que je me suis rendu au vernissage de leur exposition commune. En fait, pour être très précis et parfaitement honnête, je m’y suis rendu en famille, avec mon épouse et mon fils de 3 ans et demi …

Pourquoi imposer un vernissage chez Magda Danysz à un enfant de cet âge me direz-vous ? Vous savez certainement que les verres gratuits qui y sont servis attirent immanquablement une foule abondante, pas toujours très concernée, mais plutôt heureuse d’être présente et de s’y alcooliser gratuitement avant de débuter une soirée parisienne… Alors pourquoi y emmener mon fils ? Eh bien, mais certes ce n’ai pas une excuse, il y a d’autres enfants qui comme mon petit courent les vernissages parisiens et ils n’ont pas l’air si malheureux que cela ! Cela pour une raison simple : avez-vous déjà observé un enfant devant un tableau ou une sculpture ? Si ce n’est pas le cas, emmenez vite votre petit dernier, votre petit cousin ou la fille de la voisine dans un musée ou une galerie, et vous comprendrez à quel point cela leur parle au moins autant qu’à un adulte.
En cela le travail de Dalek est une friandise pour les petits yeux gourmands ! Ces couleurs, ces formes, ce travail des aplats quasiment parfaits où l’on devine à peine le passage du pinceau… tout contribue à attirer l‘attention des enfants. Le mien en tout cas a adoré… Et ce n’était pas hier la première fois. La première fois qu’il a assisté à une exposition de Dalek, il avait environ 6 mois. C’était en 2006, la galerie de Magda était encore aux pieds de la bibliothèque François Mitterrand, et l’artiste exposait des œuvres où batifolaient gaiement les Space Monkeys qui ont fait sa célébrité, et qui, hier soir, étaient presque étrangement absents de la fête.

C’est en effet tout à fait incongru de voir des tableaux de Dalek sans un Space Monkey. Sans même, à une exception prés, ses fameux yeux tout ronds, d’inspiration manga, qui sont également une de ses marques de fabrique… Alors que reste-t-il dans ces tableaux présentés depuis hier à Paris ? Je serais tenté de dire : l’essentiel. Des formes géométriques parfaites, enchevêtrées dans des compositions d’une profondeur étourdissante et des couleurs éblouissantes. L’ancien assistant de Murakami a bien appris du maître : techniquement, c’est admirable. Et cette technique est mise au service d’une œuvre totalement originale, très graphique mais absolument pas pour autant dépourvue d’émotion.
Et puis hier soir, j’ai obtenu ma revanche… En effet, il y a 3 ans, Dalek devait être présent au vernissage de son exposition solo à Paris. En réalité, il était bien à Paris mais sa grande timidité l’avait poussé à se faire plus que discret. C’est là un euphémisme... Pourtant, ce qui me pousse à assister aux vernissages surpeuplés plutôt que de passer tranquillement un des nombreux autres jours que dure l’exposition (ce qu’il m’arrive également de faire, bien entendu), c’est bel et bien la présence de l’artiste. Ce n’est pourtant pas mon instinct de groupie que je satisfais alors mais mon désir de remercier l’artiste pour son œuvre. Dans ma grande timidité, mon remerciement n’est que physique : ma présence attentive à l’œuvre exposée gonfle la foule des anonymes venus montrer à l’artiste que son labeur solitaire touche des gens.
Hier soir, Dalek était là, bien présent, impressionnant par sa taille et touchant par sa timidité d’enfant. Par bonheur mon petit garçon arborait fièrement un t-shirt dessiné par l’artiste pour Yoyamart, t-shirt que nous lui avions offert l’an dernier et que nous lui avions mis hier soir pour qu’il fasse le lien entre l’œuvre exposée et ce vêtement, pour qu’il appréhende la notion d’œuvre et le travail d’un artiste en quelque sorte. Quand Dalek lui a dédicacé le livre distribué à l’occasion de l’exposition, nous avons vu dans son regard qu’il comprenait simplement que nous aimions son travail et que nous étions là pour le lui dire… Je tenais ma revanche !

Belle revanche Vince!
RépondreSupprimerbien joué !!
RépondreSupprimertrès belles nouvelles oeuvres
d'accord avec tout ce qui a été dit
rien a ajouter
Bel Article encore une fois.
RépondreSupprimeret les photos donnent envie...
Mike lui n'etait pas là apparement ;-)
RépondreSupprimerhttp://vitostreet.ekosystem.org/2009/04/coup-de-gueule-de-mike-giant/