
La renommée de l'artiste californien Steven Harrington n'est aujourd'hui plus à faire, notamment en France. L'année 2008 l'a vu s'attaquer à la couverture de "Clark magazine", sortir son premier jouet (un Dunny chez KidRobot), faire le tour d'Europe (Paris, Barcelone, Milan, Berlin) avec son exposition "Our mountain" tandis que la marque Sixpack, s'inventant pour l'occasion éditeur de livre, lui consacrait une très belle monographie ("Harrington book").
Sous des dehors très polissés, sous ses appâts purement décoratifs, le style d'Harrington - qu'il définit lui-même comme relevant du "contextual objectivism" (j'ignore ce que cela veut dire mais le sait-il lui-même ?) - se révèle paradoxal à plus d'un titre : les formes géométriques y entrent en parfaite harmonie avec les arabesques traçant des personnages au système pileu surdéveloppé ; les couleurs réussissent ce tour de force de paraître tout droit sorties d'un papier peint défraîchi des années 70 tout en conservant leur capacité à éblouir (une sorte de fluo délavé si vous voyez ce que je veux dire) ; le tout s'affiche comme étant totalement en phase avec notre époque alors même que les références au graphisme des années 60-70 y sont patentes.

On croyait ainsi parfaitement connaître Harrington et, au grès des multiples sorties de tee-shirt, de planches de skate, de prints, etc sous son propre label "National Forest Design" ou sous d'autres marques telles qu'Element ou encore Sixpack, être entré dans une certaine routine.
Voilà pourtant que vient d'apparaître sur son site internet une nouvelle pour le moins étonnante : Steven Harrington est actuellement présent, ou tout au moins son travail, au festival Sundance du cinéma indépendant...
Pour être plus précis, dans la mesure où il est possible de l'être face à l'étonnant manque d'information qui entoure actuellement le sujet, un film intitulé "The invension of the universe (in two parts. One after the other)", écrit, réalisé et animé par Karla Carnewal semble, en partie au moins, être conçu à partir des illustrations d'Harrington. Et c'est ce film dont on ignore presque tout qui est actuellement présenté au prestigieux festival Sundance.
A en croire cet extrait qui circule sur le net (mais s'agit-il au juste d'un extrait ? d'un trailer ? l'ensemble du film est-il basé sur les illustrations de l'artiste ? celles-ci en sont elles l'objet ou simplement le vecteur ?), on retrouve dans ce film tout ce qui fait la marque de fabrique d'Harrington : tandis que l'animation rudimentaire conserve l'aspect volontairement artisanal des installations en carton de l'artiste, une bonne partie de ses gimmicks graphiques tels ses tipis, ses personnages à tête de hippy impassibles ou encore ses pipes aux volutes de fumée anthropomorphiques sont présents à l'appel.
Pour le moment donc, goûtons cette agréable surprise en attendant d'obtenir le fin mot de l'histoire.

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