mercredi 28 janvier 2009

Failure notice


Faut que je vous avoue quelque chose : je ne suis pas journaliste.

J'ai beau écrire des articles sur ceci ou cela, me faire critique de livres, commentateur d'expos, chroniqueur de jouets ou encore interviewer, je ne suis qu'un dilettante. Passionné certes, éclairé je l'espère, mais simplement dilettante.
Indubitablement cette position a ses bons côtés : j'écris quand bon me chante, je ne parle que de ce qui m'intéresse, je ne suis pas obligé de « faire du chiffre » et j'ai une totale liberté de ton. Fort bien.

Cependant il me faut bien admettre que cette situation ne comporte pas que des avantages : les pigistes de l’AFP n’écrivent pas les articles que je signe ; je ne reçois pas de service de presse et suis donc contraint de me payer les livres dont je veux parler ; je ne suis pas invité aux visites d'expos la veille des vernissages et me vois donc obligé, comme tout à chacun, de jouer des coudes et de renverser au passage quelques centilitres de ma bière (payée sur mes deniers personnels) afin de pouvoir entr'apercevoir une toile, etc. Enfin ce non statut implique, je le confesse et le revendique tout à la fois, une certaine forme d'artisanat.

Par exemple, lorsque je veux m’entretenir avec quelqu’un en vue de publier une interview sur SCS, je fais au plus simple pour qui n’a ni carnet d’adresse, ni secrétaire : je fouille sur le net à la recherche d’une adresse électronique à laquelle envoyer mes questions. Je fais ensuite parvenir un mail présentant l’objet de ma requête à la personne concernée. Lorsque celle-ci m’a signifié son accord de principe, je lui envoie une série de questions puis attends ses réponses avant, le cas échéant, de poser de nouvelles questions pour rebondir sur ses propos. Ca vaut ce que ça vaut, c’est amateur en diable, mais enfin généralement ça ne fonctionne pas si mal.

Sauf que parfois ça foire. C’est notamment ce qui vient d’arriver avec Michael Dupouy, responsable de La MJC et éditeur d’All Gone. Désireux de m’entretenir avec lui à propos de ce livre et de la street culture en général, je suis allé visiter le site de La MJC, la page de contacts et y ai découvert un lien vers un site exclusivement consacré à All Gone . Puisque cela me paraissait tout à fait correspondre à ma recherche, je l’ai visité, ai cliqué une nouvelle fois sur « contact » et d’emblée, magie de la technologie moderne, mon logiciel de courrier électronique s’est ouvert en indiquant comme destinataire de mon message : info@allgonebook.com. Et j’y suis allé de ma désormais traditionnelle demande d’entretien.

C’était le 21 janvier dernier. Six jours plus tard, n’ayant reçu aucune réponse à mon message, j’ai conclu que Michael Dupouy ne souhaitait pas répondre à mes questions et ai donc publié, sans lui, l’article intitulé Non-entretien avec M. Dupouy, éditeur d’ « All Gone » .

Il se trouve que Michael Dupouy n’a jamais reçu ce message. La boîte mail en question ne fonctionne pas et se garde bien, qui plus est, de vous prévenir par un Mailer-Daemon des familles. Il se trouve également que M. Dupouy a lu l’article le concernant. Et que suite à cette lecture il a pris la peine de rechercher mon numéro de téléphone, de le trouver et de m’appeler ce midi.
Loin de vouloir éviter mes questions, il les juge intéressantes. Loin de fuir le débat il tient au contraire à y participer.

Rendez-vous donc dans quelques jours (ben oui, il faut un peu de temps pour rédiger de vraies questions ; eh oui, il en faut plus encore pour y répondre avec soin) sur SCS pour lire cet entretien !

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire