mercredi 24 décembre 2008

Trêve de Noël


Arrêt momentané de nos émissions : on se retrouve dans quelques jours. D'ici là, chers lecteurs, portez vous bien et meilleurs voeux !
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mardi 23 décembre 2008

Some cool shoes ?



Aujourd'hui tout le monde connaît Mountazer al-Zaïdi, journaliste irakien de 29 ans, qui a jeté ses chaussures à la tête de Bush lors d'une conférence de presse à Bagdad la semaine passée. Pour ce geste, immédiatement relayé à travers le monde, il risque 7 ans de prison pour "offense à un chef d'Etat étranger". Mais il est également maintenant adulé par une grande partie du monde arabe et fêté à travers le monde par des tas d'organisations ne brillant pas forcément par leur amour de la démocratie en général et de la liberté de la presse en particulier. Sans doute considère-t-il aujourd'hui que le jeu en valait la chandelle.

Certes, il faut bien avouer que c'est assez plaisant de voir Bush devoir esquiver une paire de groles en plein discours sur la réussite de l'intervention américaine en Irak. Je concède même volontiers que le plaisir aurait été encore plus intense si Mountazer al-Zaïdi n'avait pas été bigleux au point de louper sa cible à deux reprises. Sans doute est-ce aussi le sentiment d'Alex Tew qui a conçu, à la suite de l'événement, un sympathique jeu vidéo en ligne permettant aux internautes de balancer autant de chaussures qu'ils le désirent au visage du toujours-en-poste-mais-heureusement-plus-pour-très-longtemps-président-américain. Le nom même de ce jeu, "Sock and awe" ("Chaussettes et effroi"), faisant référence à la délicate dénomination donnée par le gouvernement américain à l'opération militaire contre l'Irak ("Shock and awe" soit "Choc et effroi") est particulièrement bien pensé, pour ne pas dire bien senti.


"Respectfully disagree", tel est cette fois le titre du print (édition limitée à 50 exemplaires signés, 45x60 cm) que Jermaine Rogers s'apprête à mettre en vente sur son site aujourd'hui même et qu'il a conçu en référence directe au coup d'éclat de Mountazer al-Zaïdi : l'affiche donne à voir une des créatures issues du bestiaire habituel de l'artiste brandir une chaussure dans le geste auguste du lanceur de pavé.

Après tout pourquoi pas ? Pourquoi Jermaine Rogers se priverait-il de réagir à l'actualité à la façon d'un dessinateur de presse ? Dans la note qui accompagne la présentation de cette affiche, Rogers précise que le geste de lancer ses chaussures au visage d'un interlocuteur n'a pas pour objectif de réellement l'atteindre mais simplement de l'insulter. Et d'ajouter que sans cesse, "dans l'histoire, les hommes conçoivent de nouvelles et intéressantes manières de dire "non"".

Soit, sauf que Mountazer al-Zaïdi est censé être journaliste et qu'à ce titre on aurait pu attendre de lui qu'il dise non à l'occupation de l'Irak en des termes plus choisis et surtout plus argumentés. Etant donné l'état actuel du journalisme en Irak comme ailleurs, le simple fait, par exemple, de poser une question digne de ce nom à Bush (du genre "ça ne vous dérange pas de parler de réussite pour qualifier une opération militaire reposant sur un mensonge avéré et ayant fait des milliers de morts civils ?") aurait fait de lui, sinon un héros, du moins une exemple pour ses confrères. En outre, la situation aurait sans aucun doute autant désarçonné le président américain, peu habitué aux journalistes faisant leur métier, que le fait de devoir éviter un lancé de chaussures.

Je comprends toutefois les arguments de la partie adverse qui affirme généralement que le lancé de chaussure marque de manière plus évidente la désapprobation qu'un long discours et qu'il a en outre le mérite de créer une vraie image, seul moyen à notre époque de permettre à des actes de recevoir quelque écho.


Toutefois, ce n'est pas tant le fétichisme de cette logique du geste qui m'irrite dans la nouvelle composition de J. Rogers que l'héroïsation naïve de Mountazer al-Zaïdi dont elle témoigne. En utilisant à l'arrière-plan de son print une photographie de militants noirs le poing levé, Rogers me semble pour le coup sombrer dans la confusion la plus totale. Car enfin, quelle que soit l'origine de cette image au second plan (est-ce celle de militants américains de la cause noire ou encore celle de citoyens sud-africains luttant contre l'apartheid ?), nul doute qu'elle est ici utilisée pour sa capacité à symboliser l'héroïsme de combattants pour la liberté.
Or, précisément, le geste de Mountazer al-Zaïdi est bien entendu sans commune mesure avec les sacrifices et les souffrances endurées par le peuple noir à travers l'histoire.

Chaque époque a les héros qu'elle mérite. Que la nôtre n'ait rien de plus ambitieux à se mettre sous la main qu'un lanceur de savates est une chose. Qu'elle ait en outre l'impudeur de mettre sur un pied d'égalité ce lanceur de chaussures risquant quelques années de prison et des militants ayant souvent du payer de leur vie leur combat contre l'oppression prenant tantôt la forme de l'esclave, tantôt celle de l'apartheid, tantôt encore celle de la ségrégation et des lynchages, c'est quand même consternant.
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dimanche 21 décembre 2008

JC Menu, "Lock Groove Comix", ed. L'Association


Jean-Christophe Menu est l'un des membres fondateurs (avec Mattt Konture, Killoffer, Trondheim, Stanislas et David B.) de L'Association, sans conteste la meilleure maison d'édition française en matière de Bandes Dessinées (ou en tout cas la seule dont les productions m'intéressent systématiquement). Il est également le président de l'Oubapo, Ouvroir de Bande Dessinée Potentielle, conçu sur le même schéma que l'Oulipo de Queneau et Pérec. C'est aussi l'auteur de "Plates-bandes", essai sur la médiocrité crasse du milieu BD ainsi que le rédacteur en chef de feu l'excellentissime revue l'Eprouvette. A ce titre, on peut dire de lui qu'il défend la production d'une bande dessinée mature, critique et réflexive bien loin des aventures débiles qui font les bestsellers dans ce domaine de l'édition.


Mais JC Menu est aussi lui même auteur de bandes dessinées. A vrai dire, à ce titre son rôle est un peu ingrat : faisant en quelque sorte partie des pionniers de ce que l'on a appelé la nouvelle Bande Dessinée ou encore le roman graphique, son style paraît aujourd'hui quelque peu daté aux lecteurs amateurs des différents auteurs que l'Association a permis de faire connaître. Graphiquement, le style Menu, marqué par une certaine nonchalance du trait et l'héritage du psychédélisme n'a sans doute plus aujourd'hui ni le même charme ni le même impact qu'il a pu avoir au milieu des années 80. C'est que depuis, à sa suite et grâce précisément à l'éditeur Menu, de nouvelles manières de concevoir la bande dessinée, de l'écrire autant que de la dessiner, ont vu le jour.

Pour sévère que puisse paraître ce constat préliminaire, je ne m'en vais pas moins vous dire les raisons pour lesquelles "Lock Groove Comix", son dernier titre en date (1er tome paru en mai 2008, 2ème tome paru en novembre et annonce, dans le dernier volet en date, d'un 3ème tome à paraître), est à mon sens un excellent livre que tout amateur de Bande Dessinée comme de musiques réputées bruyantes se doit de posséder dans sa bibliothèque.


Entre récit autobiographique et chronique de disques illustrée, "Lock Groove Comix" a pour point de départ la collection de disques visiblement impressionnante de l'auteur et pour thème central le locked groove. Autant dire que, d'emblée, on apprend quelque chose.

Pour ceux qui l'ignoreraient (j'en étais avant de lire le livre), le lock groove est le "sillon sans fin qui clôt chaque face enregistrée d'un disque vinyl" et qui permet à la cellule de la platine de ne pas jouer à la patinoire sur le centre imprimé du disque. En général ce sillon est silencieux. Mais bien entendu, l'histoire du rock recèle de petits rigolos qui se sont amusés à utiliser le lock groove et à y graver du son (bruits divers et variés, prises de parole, mini morceaux bonus) lequel est donc amené à se répéter en boucle jusqu'à ce que vous vous décidiez à lever votre cul du fauteuil pour changer de face.

Et JC Menu de recenser et de décrire les différents lock groove qu'il découvre au grès de ses écoutes de disques. Vous me direz, ça ne fait pas un livre, et encore moins un livre illustré, une Bande Dessinée. Et bien si, car c'est là le charme du style narratif de Menu que de savoir passer avec spontanéité du registre autobiographique (c'est bien lui que l'on voit avec son pull rayé et ses cheveux ébouriffés) au registre documentaire (reproduction de pochettes de disques, longues notices descriptive de tel ou tel LP, etc.) comme de la chronique illustrée à la métaphore (il faut dire aussi que le thème du sillon sans fin si prête particulièrement bien).

En soit donc, traité de la sorte, le seul sujet du lock groove suffirait amplement à faire un bon livre.
Mais Menu ne s'en contente pas pour autant (surtout dans le deuxième tome). C'est en réalité tout le domaine de la musique qu'il aborde, passant en revue les concerts mémorables auxquels il a assisté, contant des anecdotes privées, s'adonnant à une typologie du public rock, se remémorant ses premiers émois musicaux (un peu honteux, évidemment) en compagnie de son père et surtout, surtout, communiquant sa passion sans borne pour la musique (des Beatles à Sonic Youth, de Père Ubu aux Satellites) et pour le disque vinyle.

Sous ses faux airs de fanzine, "Lock Groove Comix" se lit comme on écoute un bon morceau post-punk : à un rythme soutenu, sans temps mort, alternant phases d'expérimentation et riffs entêtants.
On en redemande donc et on tremble d'impatience à l'idée de devoir à nouveau attendre six mois pour lire la suite de ce feuilleton musicalo-graphique !
NB : la collection dans laquelle "Lock Groove Comix" paraît, la collection Mimolette (chez l'Association), fait actuellement l'objet d'une opération commerciale intéressante. Pour l'achat de 5 titres de cette collection (je vous rassure de suite, ça ne coûte jamais plus de 6 €) dans les librairies participantes, l'Association offre un 6ème titre inédit et hors commerce réunissant 36 planches de relectures et hommages d'auteurs de la collection Mimolette à d'autres auteurs et ouvrages de cette même collection Mimolette.
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mercredi 17 décembre 2008

Nevermind Elden's bollocks


Le webzine Format a mis en ligne, le 11 décembre dernier, une sélection de 20 pochettes de disques hip-hop, ré-interprétées façon LEGO et shootées par le photographe Nick Hanekom.
Ce n'est pas la fameuse marque de jouets danoise, dont nous avions souligné en septembre dernier le visible désir de branchitude, qui s'en plaindra.
Pas plus d'ailleurs que le groupe Flickr "Lego Album Covers" qui, réunissant une poignée de mélomanes férus de Legos, avait lancé ce concept il y a quelques mois déjà.

Une des pochettes réalisée par un certain Nikc et présentée dans le cadre de ce pool Flickr, une excellente reprise de la pochette du "Nervermind" de Nirvana, entre d'ailleurs curieusement en résonance avec une nouvelle sans importance glanée ces derniers jours sur le web.


Shepard Fairey annonçait effectivement sur son site, à la date du 2 décembre dernier, avoir intégré dans son équipe un certain Spencer Elden. Ce nom ne vous dit sans doute rien et pourtant vous avez nécessairement déjà vu l'individu qui le porte, qui plus est dans le plus simple appareil.

C'est en effet Spencer Elden, alors âgé de trois mois, que l'on voit nager à la poursuite d'un billet vert sur la pochette de "Nevermind", deuxième album de Nirvana sorti en 1991, album aujourd'hui culte qui fit découvrir le groupe de Seattle tout comme le "grunge" au grand public.
Même si l'idée ne m'avait à cette époque pas même traversé l'esprit, il me paraît aujourd'hui probable que ce titre de "Nevermind" soit un clin d'oeil au "Nevermind the bollocks" des Sex Pistols. Si les bollocks en question ne sont plus citées dans le titre, elles sont cette fois bien présentes en image sur la pochette. Et ce sont précisément celles de Spencer Elden, immortalisées par Kirk Weddle, photographe jusqu'alors plus coutumier de la prise de vue aquatique que de l'imagerie rock.


Pour la petite histoire, sachez que Spencer Elden refait régulièrement parler de lui en se lamentant dans la presse sur le thème "c'est pas facile de construire sa vie quand tout le monde vous a déjà vu tout nu".
Et de retourner reprendre la pose dans la piscine du Rose Bowl Aquatic Center de Pasadena où avait été prise la fameuse photo... Il l'avait déjà fait à l'occasion des 10 ans de l'album, il vient à nouveau de se rejeter à l'eau. Ses parents n'ayant été payé que 20 $ pour la photo originelle, sans doute a-t-il prévu d'assurer ses vieux jours en rejouant la scène régulièrement dans le cas où son rôle de petites mains au service du Giant s'avérerait peu rentable.


Le simple fait que ces photos sans autre intérêt que de permettre d'étudier la courbe de croissance du sieur Elden soient systématiquement diffusées dans la presse papier comme sur la toile me semble être un indice tangible de la réussite de la pochette de cet album, pochette qui exprime avec une certaine candeur le nihilisme propre aux années 90 en général et au mouvement grunge en particulier.
Le fait que cette image ait été détournée quasiment aussi souvent que les titres de cet album ont été repris en est un autre.


Quoi qu'il en soit les différentes images avec lesquelles j'ai illustré cet article (lesquelles ne constituent qu'une infime partie des nombreux détournements opérés à partir de la pochette de "Nevermind"), prouvent à elles seules que, contrairement à ce que semble croire Spencer Elden (confondant ainsi son nombril de poupon avec celui du monde), une pochette de disque, comme n'importe quelle autre composition picturale n'est nullement réductible à son sujet. On observe en effet que, le petit Spencer réduit à une silhouette au loin (publicité pour LG), ou transformé en un personnage de Matt Groening (pour une couverture du magazine Rolling Stone) ou enfin tout simplement absent comme sur cette pochette de l'album de reprises "The String Quartet Tribute to Nirvana's Nevermind", la pochette de "Nevermind" n'en reste pas moins reconnaissable entre toutes, identifiable comme telle.


Une couleur dominante, un pattern, une typographie suffisent ainsi parfois à évoquer plus sûrement une image qu'un visage ou un corps y figurant pourtant.
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lundi 15 décembre 2008

Mike Perry, "Over & over. A catalog of hand-drawn patterns" (Princeton Architectural Press)


C'est une constante dans l'histoire des arts : à chaque fois qu'apparaît un nouveau mode d'expression et que celui-ci finit par devenir dominant, il est des artistes pour en prendre le contre-pied, quitte à se faire passer pour des réactionnaires. Ce serait pourtant faire preuve d'une incompréhension totale de la dynamique des arts que de les condamner comme réacs. Bien souvent, cette réaction n'est pas vaine et leur permet de revisiter, réinventer leur pratique en en prenant en charge l'héritage.


Exemple : les années 2000, dans la musique pop, c'est le règne de l'électro. Parallèlement à cette tendance se développe donc bientôt le néo-folk des Devendra Banhart, Iron & Wine et autres Herman Düne, certes héritiers des figures tutélaires du genre originel (Dylan, N. Young...) mais aussi capables de remettre en jeu cet héritage, d'inventer quelque chose de nouveau avec ces moyens anciens.

Dans le domaine des arts plastiques, l'illustrateur américain Mike Perry est en quelque sorte le pendant graphique de cette tendance musicale. Non pas tant qu'il rejette totalement l'outil informatique dans son travail artistique mais plutôt qu'il cherche à revenir à une forme de composition plus foncièrement artisanale et passant essentiellement par la main.

A ce titre, Mike Perry n'est qu'un représentant parmi d'autres de cette tendance lourde de l'art contemporain. Il en est cependant un représentant particulièrement avisé puisqu'il a décidé d'éditer des livres d'art sur la question, des livres donnant à connaître les multiples acteurs de ce "mouvement" auquel il appartient lui-même.

Il a ainsi édité l'année passée un premier volume exclusivement consacré à la typographie, "Hand Job. A catalog of type", avant d'éditer cette année un deuxième volume, "Over & over. A catalog of hand-drawn patterns", concernant les patterns.
J'aime à penser que d'autres suites sont attendre tant l'entreprise est intéressante et qu'elle a déjà porté deux beaux fruits.

Les deux livres, publiés chez le même éditeur (Princeton Architectural Press), sont conçus et réalisés exactement sur le même modèle : une fois lue une intéressante préface, le lecteur se voit présenter plusieurs dizaines d'artistes ayant tous pour point commun le "fait main" et se voyant chacun consacrer jusqu'à 6 pages (pour chacun d'entre eux une courte présentation puis des illustrations pleines pages).


Dans sa préface au dernier né qui vient tout juste d'atterire sur les rayonnages de nos libraires, Jim Datz, après avoir raconté sa prise de conscience, à l'occasion d'un séjour au japon, de l'existence de patterns à l'état naturel (à l'image des rizières en escalier), se penche sur l'effet hypnotique propre à ceux-ci. Leur régularité, l'impression qu'ils donnent de pouvoir se répéter à l'infini ainsi que l'existence d'éléments irréguliers au sein de cette régularité fondamentale, tout ceci serait à même de provoquer, selon lui, un état de confort total de la conscience, confort facilitant précisément le passage à un état inconscient...

Sans doute pousse-t-il ainsi le bouchon un peu loin mais on ne peut cependant qu'admettre que les travaux présentés dans la suite ne laissent pas indifférent et que leur effet sur l'observateur excède de beaucoup ce que l'on s'imagine pouvoir attendre de simples patterns, éléments le plus souvent perçus comme étant purement décoratifs.

Impossible ici de lister et de commenter l'ensemble des participants à l'entreprise. Je me contenterai donc de mentionner ce qui m'a le plus impressionné à l'image de la méticulosité des compositions de Marco Cibola, de l'intrusion de patterns discrets dans les illus vieillottes de Jim Datz, des patterns à base de lettrages de Ray Fenwick, des magnifiques tapisseries à motif selles de vélo ou borne à incendie de Dan Funderburgh, de celles à base de têtes de pigeon ou de rabins (!) de Blake E. Marquis, des patterns fourre-tout reconnaissables entre tous de Kimou Meyer (aka Grotesk) ainsi que des non moins reconnaissables signés Struggle Inc. (aka Cody Hudson)...

Enfin bref, vous l'aurez compris, il y en a là pour tous les goûts, y compris pour les mauvais !
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vendredi 12 décembre 2008

Nouvelles collaborations Juxtapoz/Ginko Press


Bonne nouvelle pour les amateurs de livres d'art bien conçus, pointus et peu chers : le magazine Juxtapoz poursuit sa collaboration avec l'éditeur Ginko Press, entamée il y a six mois avec la sortie des deux premiers titres Juxtapoz Tattoo et Juxtapoz Illustration (voir notre article).

Pour la seconde fois, la réunion de ces deux références en matière de pop- et de sub-culture, aboutit à l'élaboration de deux titres thématiques : Juxtapoz Poster Art et Juxtapoz Car Culture.

Je dois avouer que le volume consacré aux bagnoles customisées, malgré une couverture tout à fait fascinante, ne finira sans doute pas sur les rayonnages de ma bibliothèque (c'est là, certes, un des domaines de prédilection du magazine mais je ne suis par certain que cela soit à même de passionner son lectorat non américain). Par contre mon enthousiasme est total concernant la sortie annoncée de Juxtapoz Poster Art.


La conception et la réalisation d'affiches par des artistes constitue sans aucun doute une des tendances majeures de l'histoire de l'art ces dernières années. Chaque jour de nouveaux prints (le plus souvent des sérigraphies) sont commercialisés, atteignant parfois des prix dignes d'oeuvres originales et uniques, et on ne compte plus le nombre d'éditeurs se consacrant exclusivement à cette production (on soulignera d'ailleurs à ce sujet l'arrivée sur le marché d'un nouveau venu français : Scarygraphy).

Ce succès est dû, à n'en pas douter, à la possibilité qu'offre le print de se procurer, en principe à moindre coût, des créations non pas uniques mais tout au moins originales.
Car c'est bien là que réside la vraie bonne nouvelle concernant ce renouveau de l'affiche : la majeure partie des graphistes qui s'y adonnent de nos jours ont pris conscience du fait qu'une vraie affiche ne saurait être la simple reproduction imprimée d'une toile ou de tout autre travail plastique.
Une affiche, c'est d'abord une utilisation spécifique de l'espace papier : on ne conçoit pas une affiche comme on réalise la mise en page d'un livre ou comme on recouvre une toile de peinture. C'est aussi une compréhension et une utilisation optimale du médium concerné : choix du support, supperposition des encres, effets de transparences ou de recouvrements, jeu avec la matière, le grain du papier, etc.
Autant d'exigences qui nécessitent que celui qui conçoit l'affiche soit partie prenante dans sa production.


Le nouveau livre que consacre l'équipe de Juxtapoz à ce phénomène devrait, à n'en pas douter, contenter les amateurs du genre. Qui mieux que Juxtapoz, cette revue qui a su découvrir tant de talents mais qui a également su conserver leur confiance une fois venu le temps de la reconnaissance publique, qui mieux donc que cette institution éditoriale en matière d'illustration et de graphisme pouvait opérer un choix pertinent parmi la multitude d'adeptes de la création imprimée ? On sait déjà que Jason Munn, Michael Motorcycle, Little Friends of Printmaking, Jesse LeDoux, Paul Insect, Brandy Flower, Nick Butcher ou encore Tim Gough figureront au sommaire de ce livre qui devrait arriver à temps pour prendre place sous le sapin de Noël ; voilà je pense de quoi permettre aux plus sceptiques d'entre vous d'abandonner leurs derniers doutes...


Une moche pub traînant sur le net sous forme de fichier pdf confirme que la collaboration entre Juxtapoz et Ginko Press est appelée à se poursuivre en 2009. Voilà déjà un de mes voeux pour la nouvelle année à venir exaucé.
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jeudi 11 décembre 2008

Gérald Touillon, "Paulo Anarkao" (autoprod.)


Pendant mes années lycée j'avais un pote qui s'appelait Gérald. Avec lui, il m'arrivait de faire du skate, d'avoir des discussions sans fin et de faire la fête, surtout ça d'ailleurs.
Gérald était un drôle de personnage, ou plutôt simplement un personnage, au sens fort du terme, et ce n'est déjà pas si courrant. On dirait aujourd'hui qu'il était "décalé", même au sein de cette bande de potes dans laquelle le conformisme n'était pourtant pas la valeur cardinale.

Après il y a eu la fac et puis la vie en général qui sait faire prendre des chemins plus ou moins divergents aux membres d'un même groupe, d'une même famille.
On s'est un peu perdu de vue mais pas complètement : avec Gérald, on se croise maintenant de temps en temps, à l'occasion d'un vernissage, d'un concert ou d'un autre de ces événements qui permettent de trinquer avec de vieilles connaissances tout en se donnant l'air cultivé.

Entre-temps, Gérald est devenu artiste, un artiste "décalé", ça va sans dire. Un acharné de la performance, passant sans prévenir du tour de chant exclusivement consacré aux faces B de sa collection de 45 tours des années 80 à la conférence d'une heure sur un artiste n'ayant jamais existé...

Comme nom de scène, encore que le terme soit assez mal choisi pour ce performer qui affectionne la rue, Gérald a gardé son véritable patronyme : Gérald Touillon.
Pour curieux que ça puisse paraître, c'était pourtant une évidence. Gérald a toujours été un artiste, un artiste du quotidien (ce qui en soit est, de nos jours, une démarche artistique un peu éculée mais n'en constitue pas moins une existence exceptionnelle), de ceux qui vivent leur vie comme on écrit un roman, en l'inventant au fur et à mesure qu'il la vive, sans forcément la comprendre eux-mêmes mais en sachant toujours créer de nouveaux chapitres, de nouveaux événements susceptibles de l'enrichir au fur et à mesure de son déroulement.
Sauf que Gerald n'écrit pas de livre (en tout cas pas encore) : il chante, parle, fait le clown et puis il filme. Il a notamment filmé son père, ou tout au moins celui qui pourrait être son père si la filiation avec nos propres parents étaient chose évidente en matière de conception de la vie, de mode de vie et d'envies.
"Paulo Anarkao" c'est donc l'histoire de ce père, de ce père tel qu'il pourrait être si, comme son fils, il avait choisi de se créer lui-même et par la même occasion de créer Gérald. Vous me suivez ?



C'est dire que l'existence de Paulo Anarkao, telle que Gérald nous la montre dans son film éponyme, n'a rien d'irréelle pour peu que l'on veuille bien admettre que l'art ne se réduit pas forcément à une production de quelque chose qui serait un objet art, une oeuvre d'art. La vie de Paulo, c'est un poème au sens propre du terme, non pas de ceux qui se récitent devant la maîtresse mais de ceux qui se vivent et dont les mots des poètes ne sont jamais que les reflets.
Un poème sans lyrisme certes et au langage bien peu châtié. Un poème rugueux et hirsute comme la barbe de Paulo. Un poème dont Gérald fait comme s'il n'était lui même que le traducteur ou le scripte, comme s'il n'était que le témoin de cette vie qui se créerai d'elle-même.
"Paulo Anarkao" se présente donc en toute logique comme un film documentaire. Sous ses faux airs de Stip-Tease (je parle là de l'émission télévisée belge, encore que pour le coup on peut l'entendre comme on veut), le long-métrage oscille entre comique et pathétique sans jamais vraiment choisir son camp, en cela très cohérent avec son propos.



Dernières précisions, "Paulo Anarkao" a valu cette année à Gérald le prix du réalisateur le plus désespérement malchanceux au festival de Quend du film Grolandais et il est toujours disponible en téléchargement gratuit sur le site qui lui est dédié.
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lundi 8 décembre 2008

"The walls are the publishers of the poor" (ed. Lézard Actif)


Albert Foolmoon est un homme occupé : dessinateur, éditeur, organisateur de salons (Salon Fais-le-toi-même), webmaster du site DIYzines, rien moins...

"On est jamais mieux servi que par soi-même", telle est visiblement sa devise. C'est ainsi qu'il a créé la maison d'édition Lézard Actif qui a pour principale vocation, sinon pour unique, de publier ses propres travaux en matière d'illustration. Et après tout, pourquoi pas ? Les publications du Lézard Actif sont réalisées avec soin (bien que de manière artisanale) et les recueils d'illustrations d'Albert Foolmoon permettent de découvrir un dessinateur au trait simple et direct, aux compositions sobres, sachant utiliser les couleurs avec parcimonie comme pour mieux mettre en avant son amour du croquis.

Quoi qu'il en soit des talents de dessinateur du bonhomme, Foolmoon considérait visiblement qu'il lui manquait encore une casquette : celle du photographe amateur de street art.
Il a donc joint l'utile à l'agréable en profitant d'un voyage au Portugal l'été dernier pour prendre en photo tout ce qu'il découvrait d'intéressant sur les murs de Lisbonne et de Porto. Puis, la rentrée venue, il a publié un fanzine consacré au street art portugais intitulé "The walls are the publishers of the poor" (14 pages).


Vous me direz, de nos jours, c'est d'une banalité et d'un conformisme confondant de publier des livres de photos consacrés au street art de telle ou telle ville ou de tel ou tel pays. Tous les mois les rayons des libraires se remplissent d'une bonne dizaine de nouveaux titres en ce domaine et il faut bien admettre que la qualité est trop rarement au rendez-vous. Nombre d'éditeurs semblent en effet oublier, que dans le domaine du photo-reportage comme dans celui de la street culture, le lecteur d'un livre est en droit d'attendre quelque chose qui ressemble précisément à un livre et non à un fatras d'images en tout genre, compilées sans ligne directrice et sans aucun sens de la distinction.

"The walls are the publishers of the poor" a le mérite d'éviter ces écueils. Tout d'abord son propos est suffisamment original pour susciter la curiosité, le street art portugais étant indéniablement un sujet moins rebattu que celui de Paris, Berlin, Londres ou encore Sao Paulo...
Ensuite et surtout parce que les photos qui y sont présentées ne proposent que des créations d'une rare qualité que ce soit en graffiti, en pochoir, en sticker ou encore en affichage plus conséquent.
J'ignore si Foolmoon s'est livré à une sélection drastique de ses clichés ou si son fanzine est un témoignage objectif sur l'état du street art portugais mais on ne peut que s'enthousiasmer à la vue de l'ensemble de ces créations qui toutes excellent dans leur domaine (du politique à l'abstraction géométrique).


Alors certes la mise en page, quoique efficace, est un peu rudimentaire et l'impression aurait sans doute pu être de meilleure qualité mais "The walls are the publishers of the poor" n'en ai pas moins un modeste fanzine bien plus intéressant que bon nombre des ouvrages traitant du même sujet publiés sur papier glacé.
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samedi 6 décembre 2008

Real Street / Sesame Head


Le marionnétiste Jim Henson est un de ces character designers dont les personnages ont su marquer durablement des générations entières de téléspectateurs.
Qu'on en juge : Kermit la grenouille, c'est lui. Ainsi que l'ensemble des personnages du Muppet Show tout comme ceux de Sesame Street.

Créé en 1969 afin de permettre aux enfants américains les plus pauvres et ne pouvant donc profiter des cours dispensés par l'école maternelle, Sesame Street - 1, rue Sésame, pour les anglophobes - avait pour vocation de divertir tout en faisant oeuvre de pédagogie. Des générations entières ont ainsi appris à compter ou découvert l'alphabet grâce et avec Bert, Big Bird, Cookie Monster, Ernie, Elmo ou encore Grover.

Le point commun de l'ensemble de ces personnages ? Ce sont tous des monstres gentils. Et c'est sans doute tout ce qui les rapproche des kaiju japonais, monstres dont on fait semblant d'avoir peur.
Vous trouvez la comparaison un peu tirer par les cheveux ? Je l'admets volontiers. Mais c'est que je cherche un angle d'attaque pour vous présenter la dernière réalisation de RealxHead, firme japonaise précisément spécialisée dans le production de figurines kaiju.


RealxHead s'apprête en effet à commercialiser un set de cinq jouets au nom de "Real Street", soit un hommage franchement étonnant aux créatures de Jim Henson.
A dire vrai, comme vous pouvez le constater, les principales références à Sesame Street tiennent dans la cape du conte Von Count dont est équipé le Mutant Evil, dans la poubelle d'Oscar dans laquelle se trouve plongé Mutant Head ainsi que dans le choix de couleurs franches utilisées de manière presque uniformes.
Quant à la forme des jouets eux-mêmes, contrairement aux Kubrick Sesame Street sortis par Medicom il y a quelques mois de cela, il faut bien admettre qu'on discerne mal une quelconque ressemblance...


Rassurez-vous, tout cela est tout à fait normal puisque le Real Street Set est constitué de cinq personnages récurrents de RealxHead : Mutant Head (ici rebaptisé Oscar the Grouch Mini Mutant Head), Mutant Evil (ici Count Evil), Mutant Bigaro (ici Big Bird Bigaro), Mutant Chaos (ici Cookie Monster Mutant Chaos) et Organ Bat (ici Elmo Mini Organ Bat).

C'est en effet une tradition chez les fabricants japonais de jouets kaiju, tels que RealxHead, Gargamel ou encore Secret Base, d'être radins en terme de shape et conséquemment généreux en terme de variantes. Le plaisir du collectionneur de kaiju ne provient pas tant de découvrir régulièrement de nouveaux personnages que de deviner à quoi ceux-ci pourront bien ressembler lors de leur prochaine apparition. Il s'agit là d'une contrainte formelle des plus intéressantes dans la mesure où elle incite les producteurs à rivaliser d'inventivité dans les plus petits détails de leurs jouets : utilisations de vinyl clear, coloré ou non, laissant apparaître la structure même du jouet (ou encore des objets insérés, voire même des motifs imprimés sur papier), ajouts de patterns ou de logos sur telle ou telle partie de l'anatomie du monstre, projection de peinture façon spray ou dégoulinure d'hémoglobine, etc.


Si bien que si l'hommage rendu par RealxHead à Sesame Street avec ce Real Street Set peut paraître assez éloigné du modèle original, ce set n'en est pas moins une belle occasion de découvrir le Mutant Head ou encore le Bigaro sous des atours qu'on ne leur connaissait pas, façon bac à sable et couleurs acidulées. Et par la même occasion de faire comprendre aux néophytes comme aux réfractaires au style kaiju que les monstres japonais, contrairement à leurs homologues européen ou américains, n'ont nullement pour vocation de faire peur !

Seul bémol à cette belle sortie, le Real Street Set étant une exclusivité pour les abonnés de Kai-Zine, magazine du magasin japonais Kaiju-Taro, le commun des mortels n'y aura pas accès.

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vendredi 5 décembre 2008

Report : Dehara "Cakeees", Artoyz (Paris)


Hier avait lieu, chez Artoyz (Paris), le vernissage de l'exposition "Cakeees. Georges rentre au pays" de Dehara dont nous vous parlions il y a une quinzaine de jours. Celle-ci restera visible jusqu'au 17 janvier 2009. Les salauds de provinciaux dont je suis pourront donc passer y faire un tour pendant les vacances de Noël, entre la balade sur les Champs Elysées illuminés et la queue devant les vitrines des Galeries Lafayette.


Celles et ceux qui seraient décidément trop réfractaires aux charmes de la capitale pour daigner y salir leurs sneakers si ce n'est qu'une fois l'an seront reconnaissants à Vince des quelques photos qu'il a bien voulu nous faire parvenir témoignant de l'événement inauguré hier (les plus curieux d'entre eux pourront pleinement assouvir leurs rétines sur Guillotine, jamais radin en images).


Comme on pouvait s'y attendre, Dehara n'a pas fait le voyage depuis Tokyo pour rien. C'est les bras chargés de sculptures, de quelques toiles, de livres et de goodies en tout genre (phone strap, stickers et... caleçons stretches roses !) qu'il a donc débarqué hier rue de l'Arbre Sec.

Les nombreux visiteurs ayant fait le déplacement, dont bon nombre de compatriotes de l'artiste, ont donc pu se plonger pleinement dans l'univers de Dehara grâce aux quelques 150 sculptures en pâte à sel peintes à la main qui étaient exposées (on imagine aisément le savoureux effet d'attraction-répulsion qui peut se dégager d'un tel rassemblement de personnages hideux et charmants à la fois, "kimo-kawaii" en japonais) ainsi que profiter d'une projection de la série "Cakeees" dont, je ne sais pourquoi, on imagine mal qu'elle puisse être un jour diffusée par une chaîne de télé française.


A noter que même si Dehara aura quitté la France quand il aura fini de cuver les hectolitres de bière ingurgités hier, ses sculptures, elles, demeureront disponibles à la vente sur le site d'Artoyz jusqu'à épuisement des stocks !
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jeudi 4 décembre 2008

"Petit voyage" à Rolitoland


On aurait pu imaginer Rolito trop occupé en cette fin d'année par la sortie du deuxième volet de "Patapon" pour se permettre une quelconque activité autre.
Tel n'est pourtant pas le cas puisqu'il proposera une exposition de ses travaux à Tokyo, du 12 au 25 décembre, à la galerie Lapnet Ship.

Bien que le site du café galerie fasse directement référence, dans sa communication, à l'univers du jeu vidéo, la carte d'invitation conçue par Rolito (que nous avons le plaisir de vous proposer en exclusivité mondiale !) donne, elle, à espérer un "petit voyage" dans les autres contrées du Rolitoland avec, notamment, l'apparition d'un nouveau personnage à l'air débonnaire. Et tel sera bien le cas puisque c'est à une espèce de rétrospective de l'ensemble du travail de Rolito - à l'en croire, sa première véritable exposition solo - que pourront assister les heureux tokyoites.


A l'heure où s'apprêtent à sortir un nouveau Be@brick (le pattern de la série 17) ainsi qu'une peluche à l'effigie de Patapon, il paraît en effet judicieux de rappeler à ceux qui auraient découvert le talentueux graphiste lillois par le seul biais du jeu vidéo que le Rolitoland est un vaste univers qui mérite d'être visité dans son intégralité et sa diversité.
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Sarkobama : "Yes you must !"


Hier, mercredi, l'organisation écologiste Greenpeace a dévoilé être à l'origine de la campagne d'affichage Sarkobama reprenant le visuel créé par Shepard Fairey dans le cadre de la campagne présidentielle de Barack Obama.

Par la même occasion, Greenpeace a rendu publique une nouvelle affiche, cette fois signée, remplaçant intelligemment le fameux "Yes we can" par un "Yes you must" figurant en dessous de ce qui apparaît du même coup comme une injonction à l'endroit du président et de son gouvernement : "Réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre en Europe".

Ici comme ailleurs, nous nous étions émus du piratage du travail d'Obey et de la récupération sarkozyste du visuel comme du slogan attitré d'Obama.

Reposant précisément sur le fait qu'il était tout à fait possible que l'UMP se rende coupable d'un tel piratage et d'une récupération éhontée de l'image positive d'Obama, la campagne de Greenpeace à la sauce situationniste était pour le moins bien sentie. Au petit jeu de la communication, notre président, pourtant déjà fort bien conseillé en la matière, peut prendre des leçons sur les trublions écolos !
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mardi 2 décembre 2008

Le bunnyfisch et sa créatrice dévoilés


J'ai déjà eu l'occasion d'expliquer tout le bien que je pense du duo d'artistes Kozyndan dans un article publié en septembre dernier.

J'écrivais alors qu'ils s'apprêtaient à commercialiser leur premier jouet : une peluche hybride entre le poisson et le lapin, le bien nommé Bunnyfish.

A vrai dire je n'ai rien d'autre à ajouter à ce sujet, si ce n'est que les Bunnyfishes en question sont enfin en vente.

Alors, bien sur, ce n'est pas trop l'habitude ici de pondre un article de trois lignes juste pour annoncer la sortie d'un jouet. Certes. Mais je ne pouvais me résoudre à ne pas publier cette magnifique photo trouvée sur le Flickr de Kozyndan, laquelle représente la partie féminine du duo d'artistes dans son plus simple appareil, recouverte (ou plutôt partiellement recouverte, c'est ce qui en fait tout le charme) de ses petits amis en peluche.
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lundi 1 décembre 2008

BLU à Berlin


BLU est un artiste italien, spécialiste des fresques monumentales et individu plutôt discret puisque, mis à part cela, on ne sait pas grand chose de lui.
Si ce n'est qu'il a un talent fou et qu'alliant sa maîtrise du graffiti à son intérêt pour la vidéo, il a inventé ce que l'on pourrait appeler la graff'animation, soit la réalisation de films d'animation à partir de fresques murales dont il est lui-même l'auteur (et qu'il est ainsi amené à recouvrir de blanc au fur et à mesure qu'il les peint : un vrai travail de titan !).

Sa plus fameuse réalisation en ce domaine a accédé à une célébrité assez inattendue via Youtube : plus de 5 millions de visiteurs y ont visionné "MUTO".
Grand seigneur, et sans doute las de lire les commentaires extasiés des internautes devant cette vidéo à la qualité d'image franchement médiocre, BLU a décidé le mois dernier de mettre à la disposition de chacun, sur son site internet, le fichier haute définition de la vidéo. Une excellente initiative qui permet d'admirer maintenant son travail dans les meilleurs conditions.

L'homme n'est cependant pas du genre à s'endormir sur ses lauriers et à se contenter de rester planté derrière son ordinateur à comptabiliser le nombre de visiteurs sur son site ou le nombre d'occurrences de son nom proposées par Google. Comme son blog en témoigne, BLU était à Berlin du 18 au 27 novembre dernier afin d'y réaliser une nouvelle fresque monumentale.



Le travail est aujourd'hui fini et une vidéo, témoignant de l'ensemble des étapes de réalisation de cette fresque, est aujourd'hui en ligne.
On y reconnaît la technique irréprochable de l'artiste mise au service, comme souvent, d'un symbolisme aussi simple qu'efficace.
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